Malgré l'absence du cerveau présumé du "casse du siècle", le procès commence: une mystérieuse peluche Winnie l'ourson contenant une somme de 50.000 euros

Le procès du casse du siècle a finalement commencé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. 19 prévenus sont jugés pour un vol de 37 millions d'euros de diamants commis à l'aéroport de Zaventem en 2013. Mais le cerveau de l'opération n'est pas là, il est détenu en France. Le juge a donc décidé que le procès aurait lieu sans lui Arnaud Gabriel et Guillaume Wils ont assisté au début du procès pour le RTLinfo 13H.

A 9h ce mercredi matin, les prévenus arrivent les uns après les autres dans la salle d’audience. Tous comparaissent libres. Les 19 prévenus sont presque tous présent. Presque car il en manque un, un certain Marc Bertoldi. Un Français présenté comme le cerveau du casse. Il est dans une prison en France pour un autre dossier, impossible pour lui d’être à l’audience. "Je ne peux pas accepter que ce procès se fasse sans mon client, à mon sens personne ne devrait l’accepter. Donc je demande, ou bien qu’on reporte l’ensemble du procès, ce qui serait le plus sensé, ou bien, à tout le moins qu’on reporte la tenue du procès pour le cas de mon client", argue Dimitri De Becq, avocat de Marc Bertoldi, au micro d’Arnaud Gabriel pour le RTLinfo 13H.


"J’estime qu’un procès ne peut pas se faire en l’absence d’un prévenu qui est physiquement empêché de venir"

Durant plus d’une heure, ce sujet fait débat. La plupart des avocats de la défense demandent un report. Après une pause, la décision tombe : le procès continue sans le principal prévenu. L’avocat de Marc Bertoldi se retire. "J’estime qu’un procès ne peut pas se faire en l’absence d’un prévenu qui est physiquement empêché de venir. Le tribunal considère que si, tout en disant qu’il répondra à cet argument dans sa décision finale, mais c’est un peu tard évidemment", insiste Me De Becq. "La Cour européenne des droits de l’Homme prévoit que toutes les personnes ont non seulement le droit de comparaître mais d’être interrogées et de poser des question à toutes les personnes qui sont concernées dans le dossier, ce qui n’est pas le cas ici", souligne Olivier Martins, avocat d’un des prévenus, face à la caméra de Guillaume Wils.


"J'avais acheté cette peluche à Disneyland pour le fils de ma femme"

La présidente de la 47e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a interrogé, mercredi matin, les trois premiers prévenus dans l'ordre de citation: El Houssïen B., Tarik B. et Nordine E.H. "La somme retrouvée représentait mon capital. J'avais vendu mes biens car je devais être incarcéré à la suite d'une condamnation à 4 ans de prison", a expliqué Nordine E.H., interrogé à propos de la découverte d'une somme de 50.000 euros en billets de 500 euros dans une peluche Winnie l'ourson. Par ailleurs, les empreintes du prévenu Tarik B. avaient été retrouvées sur le sac plastique qui enveloppait l'argent. "J'avais acheté cette peluche à Disneyland pour le fils de ma femme", a admis Tarik B. Il a cependant dit ne rien savoir sur l'argent qui s'y trouvait.


Des cagoules et gilets pare-balles trouvés chez Abdellah F. 

Est ensuite venu le tour du prévenu Abdellah F. d'être interrogé. Il a affirmé n'avoir aucune idée de ce que des cagoules et des gilets pare-balles faisaient chez lui, à Machelen. "J'étais le premier étonné! Ces objets n'ont jamais été chez moi", a déclaré au tribunal le prévenu Abdellah F. Lors d'une perquisition au domicile de ce dernier à Machelen, dans le cadre de l'enquête sur le braquage à Brussels Airport, la police avait découvert des cagoules et des gilets pare-balles. Sur ces objets, l'ADN d'un autre prévenu avait été décelé, celui de Nordin A. Cet homme avait travaillé jusqu'en 2007 à l'aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. Egalement, l'ADN du prévenu Saïd B. y avait été retrouvé. Néanmoins, les enquêteurs n'ont pas pu relier directement ces gilets et cagoules au braquage de Brussels Airport.


Un prévenu interrogé sur son achat d'une Rolex

Mercredi après-midi, le tribunal a également interrogé Hamza B.Y. Celui-ci avait été vu dans une voiture avec le prévenu Mustapha E.J., la nuit du 5 au 6 février 2013. Le véhicule contenait aussi des cagoules. Le tribunal a encore interrogé Hamza B.Y. sur ses revenus et sur un achat d'une montre Rolex d'une valeur de 6.000 euros. "Je travaillais en noir dans le bâtiment. Je gagnais environ 2.000 euros par mois", a-t-il dit.

Durant l'instruction, il avait raconté qu'il avait gagné une somme d'environ 6.000 euros en allant conduire un véhicule BMW en Espagne pour le compte d'un tiers.Comme d'autres prévenus, Hamza B.Y. a aussi été interrogé sur le fait que son GSM était éteint au moment des faits.


Le mystère reste entier

5 ans après le casse du siècle, le mystère reste entier. Le 18 février 2013, il est 19H53et il fait noir quand huit hommes encagoulés portant des uniformes de police et lourdement armés pénètrent sur le tarmac de l’aéroport. Ils s’approchent d’un avion prêt à décoller. Les hommes s’emparent de 120 colis. Le butin s’élève à 37 millions d’euros. Aujourd’hui, 32 millions sont toujours dans la nature et les charges sont minces. Le procès devrait se terminer le 9 février.

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