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Meurtre d'Ihsane: le témoignage poignant de son frère

 
 

C'est les yeux rougis par la tristesse que Mohammad-Hâny Jarfi, le jeune frère d'Ihsane, s'est confié à notre journaliste Julien Modave pour le journal de 13h. Il rend hommage à son frère, à toutes ses qualités qui rendent ce crime encore incompréhensible. Et au-delà du caractère homophobe avoué par un des quatre auteurs du meurtre, il se demande s'il n'y a pas également une dimension raciste dans ce crime.

"Je pense qu'on garde tous l'image d'Ihsane, du frère, du fils, de l'ami aimant, généreux, toujours là pour servir les autres, protéger également. Je pense qu'il faut garder cette image-là en tête", espère le frère de la victime. Ce caractère qui en faisait un jeune homme aimé de tous, "c'est ce qui, je pense, renforce encore plus le sentiment d'incompréhension quant aux actes qui ont été commis à son encontre", explique Mohammad-Hâny.

Crime raciste également?

Lui et la famille attendent maintenant beaucoup du procès à venir. Mais pour le jeune homme, il ne faut pas écarter la piste d'un crime raciste trop vite. "Je pense que en plus d'homophobe, il y a éventuellement même le caractère xénophobe. Ca on le verra par la suite mais je pense qu'il faut également le considérer", témoigne-t-il. Et de conclure avec un message de paix: "Encore une fois, le message à véhiculer ce serait d'accepter les gens tels qu'ils sont, surtout en Belgique. La tolérance est de mise et c'est ce qui est, je pense, véhiculé partout dans le pays."

 

Rappel des derniers développements


Le quatrième individu impliqué dans la mort d'Ihsane Jarfi a été placé vendredi après-midi sous mandat d'arrêt par la juge d'instruction Pascale Gossens pour des faits qui ont été requalifiés, pour l'ensemble des quatre personnes arrêtées dans le dossier, en meurtre homophobe. Eric Parmentier, 33 ans, habitant Flémalle, a été inculpé, vendredi, de vol avec violence avec la circonstance aggravante que les faits se sont passés durant la nuit et en bande, avec usage d'un véhicule. Il est également inculpé pour détention arbitraire, meurtre, traitements inhumains et indignes et actes commis par haine de l'appartenance sexuelle de la victime. Interrogé vendredi dans la matinée, Eric Parmentier a reconnu avoir frappé le premier malgré le fait qu'il conduisait la voiture. Les trois personnes placées mercredi sous mandat d'arrêt, dont deux sont en aveux partiels tandis que le troisième nie les faits, verront leurs inculpations de vol avec violence requalifiées de la même manière que pour Eric Parmentier.

Les faits

Eric Parmentier venait de fêter, en compagnie de Jeremy Wintgens, Jonathan Lekeut et Mutlu Kiziaslan, l'anniversaire de la mère de l'un d'eux. Dans la nuit, de passage rue des Mineurs à Liège, les quatre individus, qui étaient sous l'influence d'alcool et de drogues, ont demandé à une jeune femme de les accompagner dans leur virée. Celle-ci a refusé au contraire d'Ihsane, 32 ans. La voiture a quitté Liège en direction de Marche. L'enquête a permis de découvrir que la victime a été frappée avec acharnement durant la demi-heure qu'a duré le trajet entre Liège et un champ de Nandrin-Modave, où le corps a été retrouvé une semaine plus tard. Les occupants du véhicule ont extrait la victime de force avant de la rouer de coups de poings et de pieds. Ihsane était encore en vie selon Jeremy Wintgens et Jonathan Lekeut lorsque ceux-ci ont quitté les lieux. Les coups qui ont été portés avec les poings et avec les pieds par les quatre individus ont provoqué un défoncement de la cage thoracique de la victime dont plusieurs organes ont éclaté. Le jeune homosexuel a également souffert de strangulation.


 

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