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Meurtre d'une femme juive en France: un pas de plus vers "l'irresponsabilité" du suspect

(Belga) Les juges d'instruction français en charge de l'enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive jetée de son balcon en 2017 à Paris, estiment qu'il y a des "raisons plausibles" de conclure à l'irresponsabilité pénale du suspect, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Cette perspective fait désormais redouter aux parties civiles que le suspect, Kobili Traoré, un jeune homme musulman âgé de 27 ans au moment des faits, bénéficie d'un non-lieu et ne soit donc pas jugé. La chambre de l'instruction devra apprécier les "suites médicales et juridiques" à donner à ce dossier, a expliqué une source proche du dossier. Le parquet, qui avait réclamé le renvoi de Kobili Traoré devant une cour d'assises, pour "homicide volontaire" à caractère antisémite, a fait savoir dans la soirée analyser cette ordonnance "afin de déterminer s'il fait ou non appel". Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d'une "bouffée délirante" selon les experts, s'était introduit chez sa voisine, au troisième étage d'un immeuble de logements sociaux d'un quartier populaire, après avoir traversé l'appartement d'autres voisins. Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l'avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour. Cette affaire avait relancé le débat sur l'antisémitisme dans certains quartiers populaires sous l'effet d'un islam identitaire, controverse qui sera ravivée un an plus tard par le meurtre d'une octogénaire juive à Paris, Mireille Knoll, lardée de coups de couteaux et retrouvée partiellement carbonisée chez elle. Dans leur ordonnance, révélée par le quotidien le Parisien, les juges estiment qu'il y a des "raisons plausibles" de conclure à l'abolition du discernement de Kobili Traoré au moment des faits, autrement dit à son irresponsabilité pénale. Ils écartent également "la circonstance aggravante du caractère antisémite" du meurtre, selon une source proche du dossier. "Je suis nullement étonné par la décision des juges puisque c'est la procédure d'instruction la plus erratique qui m'a été donnée de connaître", a dénoncé auprès de l'AFP l'avocat du beau-frère de la victime, Gilles-William Goldnadel. Me Francis Szpiner, avocat des enfants de Mme Halimi, réclame pour sa part un "débat contradictoire" devant la cour d'assises. (Belga)

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