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Pédophilie: l'Eglise qualifiée d'organisation criminelle

 
 

La police a perquisitionné le siège de l'Eglise catholique belge, l'habitation du cardinal Godfried Danneels et la cathédrale Saint-Rombaut, jeudi. Ces perquisitions auraient été effectuées en vue d'une plainte, encore à formuler, pour "association de malfaiteurs".

Les perquisitions menées à l'archevêché de Malines ont eu lieu en vue d'une plainte, encore à formuler, pour "association de malfaiteurs" à l'encontre de l'Eglise. Cette plainte sera vraisemblablement motivée par la dissimulation systématique, pendant plusieurs années, des dossiers de pédophilies. C'est ce qu'indique vendredi le quotidien néerlandophone De Morgen, qui cite une source judiciaire bien informée.

"S'il devait ressortir des dossiers saisis que certains ordres religieux ont empêché systématiquement pendant des décennies que des pédophiles puissent être jugés, alors ils forment selon la loi une organisation criminelle. Est aussi complice la personne qui aide à garantir l'impunité", indique cette source, qui ajoute qu'il s'agit de faits pouvant conduire à des peines de vingt ans de prison. Les différentes perquisitions auraient été menées sous le nom d"Opération Eglise".

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Cachette secrète au palais archiépiscopal

Les perquisitions menées au siège de l'archevêché de Malines-Bruxelles ont pris fin jeudi soir peu après 20 heures. Les enquêteurs ont emporté une grande quantité de matériel pour analyse. Une source avait informé le parquet de Bruxelles de l'existence d'une cachette secrète au sein du palais archiépiscopal et qui contenait des documents. Le cardinal Godfried Danneels avait affirmé plus tôt qu'un tel endroit n'existait. Les enquêteurs ont cependant saisi de nombreux ordinateurs et documents.

L'ordinateur du cardinal Danneels saisi

L'habitation du cardinal Danneels a aussi été perquisitionnée. Il n'a pas été à proprement parlé entendu au cours de cette perquisition mais son ordinateur a été emmené. Le cardinal n'a manifesté aucune opposition à cette démarche, estimant que la justice doit poursuivre normalement son cours.

Pour étayer ou non les accusations

Les policiers ont perquisitionné les locaux de l'archevêché de Malines-Bruxelles, situés à Malines, "afin d'étayer ou non ces accusations". L'archidiocèse de Malines-Bruxelles est le "chef-lieu" de l'Eglise catholique de Belgique. Son archevêque est depuis le début de l'année André-Joseph Léonard, également primat de Belgique et président de la Conférence des évêques de Belgique.

Saisie à la Commission pour le traitement des plaintes: Adriaenssens choqué

Les enquêteurs ont par ailleurs effectué une descente dans les locaux de la Commission pour le traitement des plaintes. Les enquêteurs ont emporté 475 dossiers. Le président de la commission, Peter Adriaenssens, s'est déclaré choqué par cette saisie, précisant qu'il s'agit de dossiers ouverts ces deux derniers mois. Il estime que cette saisie est contraire aux dispositions prises avec la justice. Il y voit une atteinte sérieuse à la vie privée de ceux qui s'étaient livrés en toute confiance à la commission.

Rik Devillé, le "dénonciateur", a transmis des dossiers aux autorités judiciaires

Rik Devillé, ce prêtre pensionné qui affirme avoir en son temps vainement dénoncé des abus sexuels aux autorités ecclésiastiques, a indiqué avoir transmis des dossiers aux autorités judiciaires. Il a précisé avoir encore transmis plusieurs dossiers il y a une quinzaine de jours aux autorités judiciaires bruxelloises. Il ignore cependant si ces affaires sont liées aux perquisitions qui ont eu lieu jeudi.

Rappel des faits

Après l'Irlande, l'Allemagne, les Etats-Unis ou encore l'Autriche, l'Eglise belge a été rattrapée fin avril par les scandales de pédophilie avec la démission forcée de l'évêque de Bruges. Ce dernier a reconnu avoir longuement abusé d'un mineur de son entourage dans les années 1980. Depuis la révélation de cette affaire, suivie par le dépôt de plusieurs centaines de plaintes auprès d'une commission indépendante chargée de traiter des abus dans l'Eglise, Mgr Léonard a promis une politique de tolérance zéro.

En mai, les évêques belges ont demandé pardon aux victimes de prêtres pédophiles, "tant pour l'agression" que pour le silence des responsables de l'Eglise.





 

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