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Philippe Roufflaer, accusé d'avoir tué ses deux filles à Soumagne, a-t-il prémédité son geste? Le verdict sera rendu aujourd'hui

Philippe Roufflaer, accusé d'avoir tué ses deux filles à Soumagne, a-t-il prémédité son geste? Le verdict sera rendu aujourd'hui

Pour décider du sort de Philippe Roufflaer, les jurés devraient délibérer dès la fin de matinée pour rendre leur verdict de culpabilité en fin de journée. Philippe Roufflaer est accusé d'avoir tué ses deux filles à Soumagne en décembre 2016. Toute la question est de savoir s'il a prémédité son geste. Pour l'accusation, cela ne fait pas de doute. Pour la défense, il n'y a pas de préméditation.

Les avocats de Philippe Roufflaer ont contesté mardi la préméditation des faits reprochés à leur client. Les avocats se sont alignés sur la dernière version présentée par l'accusé et ont soutenu l'hypothèse d'une tentative de suicide au cours de laquelle Philippe Roufflaer avait décidé d'emporter ses filles avec lui au dernier moment.

Les faits reprochés à Philippe Roufflaer (42 ans) se sont déroulés à Soumagne le matin du 30 décembre 2016. Philippe Roufflaer a donné la mort à ses deux filles et incendié la maison qu'il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours. Loana (8 ans) a été étranglée tandis que Naora (11 ans) a été égorgée.

L'avocat de la partie civile, Me Philippe Zevenne, et l'avocat général Marianne Lejeune ont insisté au cours de leurs interventions sur la préméditation des faits commis par Philippe Roufflaer. Ils ont tous réclamé au jury de déclarer l'accusé coupable des assassinats de ses filles, Naora et Loana.

La défense de Philippe Roufflaer, Me Maxim Töller et Me Renaud Molders-Pïerre, a contesté la circonstance aggravante de préméditation dans les faits reprochés à Philippe Roufflaer. Selon les avocats, l'accusé n'a pas imaginé ôter la vie de ses filles. Il se trouvait dans une dynamique de suicide mais il a décidé au dernier moment d'emporter ses filles avec lui.

Me Maxim Töller s'est appuyé sur les rapports des experts psychiatres et psychologues pour évoquer la personnalité particulière de son client. "Philippe Roufflaer s'est retrouvé seul avec ses filles le soir des faits. Après sa rupture définitive avec son ex-femme, il a pensé qu'il n'aurait plus jamais l'occasion de vivre un soir en leur compagnie. Il a été confronté à une absence de solution. C'est une rupture de l'égo, un effondrement de la personnalité. Philippe Roufflaer est entré dans une crise qui a duré quelques minutes. Mais sa logique initiale était de se suicider. C'est au dernier moment qu'il a décidé d'emmener ses filles dans son processus suicidaire", a plaidé l'avocat.

L'avocat de la défense a relevé plusieurs éléments qui démontrent que Philippe Roufflaer était dans une logique suicidaire, comme un SMS envoyé le 16 novembre 2016 dans lequel il songe mettre fin à ses jours. "La seule chose préméditée, c'est son suicide", a ajouté Me Töller.

Me Renaud Molders-Pierre a encore contesté la préméditation des faits en soulignant que Philippe Roufflaer avait donné des médicaments à ses filles à faibles doses et uniquement pour les faire dormir. "S'il avait prémédité la mort de ses filles, il leur aurait fait ingurgiter des doses nettement plus importantes. C'est au dernier moment, alors qu'il les avait endormies pour qu'elles n'assistent pas à son suicide, qu'il a décidé de les emporter avec lui", a analysé l'avocat.

Pour la défense, Philippe Roufflaer doit être reconnu coupable du meurtre de ses filles et de l'incendie volontaire de sa maison. La délibération du jury aura lieu ce mercredi.

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