Policier, Laurent Carlier dit être victime d'acharnement judiciaire: condamné, il fait appel

Policier, Laurent Carlier dit être victime d'acharnement judiciaire: condamné, il fait appel

Un procès en appel est en cours à Mons. Tout commence en avril 2014 quand un policier bruxellois dit avoir été victime d'une tentative d'assassinat à son domicile. Son ex-épouse est soupçonnée avant d'être innocentée. Deux mois plus tard, l'affaire prend un autre virage: le policier est arrêté et incarcéré, puis condamné pour fausse déclaration. Aujourd'hui, il fait appel et parle d'acharnement judiciaire. Le point sur le procès avec Dominique Demoulin, Thomas Kinet et Véronique Forest.

C'est un homme seul qui, depuis près de quatre ans, se dit broyé par l'appareil judiciaire et policier. "Je n'ai pas perdu la vie il y a presque quatre ans, mais là maintenant, depuis trois ans et sept mois, on me la pourrit, on me la détruit, et je risque de ne plus rien avoir", confie Laurent Carlier, la gorge nouée.


13 minutes s'écoulent entre sa présumée agression et l'appel des secours

Laurent Carlier est policier, et même moniteur de tir. Mais le 10 avril 2014, d'après ses propos, lorsqu'on sonne à sa porte, il a tout juste le temps de détourner l'arme qui est pointée sur lui. "J'ai d'abord eu une douleur énorme au bras, j'ai réussi, tant bien que mal, à fermer la porte. Quand l'arme est enfin sortie et que j'ai pu verrouiller l'entrée, je vous assure que je suis tombé assis derrière le mur du hall, et je n'ai aucune notion du temps qui passe pendant ce temps-là", prétend Laurent Carlier.

13 minutes s'écoulent avant que le policier appelle les secours. Un délai inexplicable pour l'avocat général. La téléphonie permet de douter des déclarations du policier. De victime, il devient suspect, et bientôt coupable. À Charleroi, le tribunal estime qu'il s'est tiré dessus volontairement et le condamne pour fausse déclaration.


En appel, un nouvel élément apparaît: un complice est évoqué par l'avocat général

Cette fois, devant la cour d'appel de Mons, le scénario change. "Aujourd'hui, tout le réquisitoire de monsieur l'avocat général est basé sur un complice, dont il n'a jamais été question en instance. Ça confirme une chose, que je plaide et que je dénonce depuis le début, c'est une instruction qui a été faite dans n'importe quelle condition, et qui est complètement lacunaire", indique Bernard Tieleman, avocat de Laurent Carlier.


Pour avoir la garde de sa fille? Celle-ci démonte ce scénario

Pour l'avocat général, il s'agit au contraire d'un scénario pervers et machiavélique, monté de toute pièce par Laurent Carlier pour accuser son épouse et obtenir la garde de sa fille. Dans la salle, celle-ci est abasourdie. "J'allais bientôt être majeure. Je suis née en décembre et on était en avril. Vu comment la justice est lente, il n'y aurait pas eu d'avantage (ndlr: pour son père) parce que j'aurais atteint mes 18 ans à la fin du procès", explique Victoire Carlier.

Laurent Carlier résume ainsi la situation dans laquelle il se trouve: "Je suis victime de ce que tout le monde pourrait être victime. C'est-à-dire des rouages d'un système qui n'est pas parfait".

Pour le policier, il s'agit d'un cauchemar. Pour l'avocat général, c'est une machination. La cour d'appel devra trancher.

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