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Procès de la filière djihadiste de Lunel: le jugement sera mis en délibéré vendredi

Procès de la filière djihadiste de Lunel: le jugement sera mis en délibéré vendredi

(Belga) Les plaidoiries de la défense se sont tenues mercredi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Paris, pour le cinquième jour de procès de la filière djihadiste de Lunel, petite ville du sud de la France. Cette localité de 26.000 habitants, située entre Nimes et Montpellier, avait vu une vingtaine de ses jeunes partir faire le djihad en Syrie. Cinq hommes doivent répondre d'association de malfaiteurs terroriste. Le parquet a requis mardi des peines allant de quatre à neuf ans d'emprisonnement. Le jugement sera mis en délibéré vendredi à 13h30.

Les cinq prévenus ont été interpellés à la fin janvier 2015, deux semaines après les attentats de Charlie Hebdo. Pour la procureure toutefois, "il n'existe pas de lien direct entre les deux, ni de conséquence", a-t-elle affirmé dans son réquisitoire mardi après-midi. Deux prévenus sont soupçonnés d'être partis en Syrie: Adil Barki (39 ans) et Ali Abdoumi (47 ans). Le premier a tenté de minimiser son séjour en Syrie, affirmant n'être parti qu'un mois et n'avoir jamais combattu. Les trois autres prévenus - Hamza Mosli, Jawad S. et Saad B. - sont, eux, restés en France. La plupart de la vingtaine de jeunes nourris de propagande étaient amis de longue date et fréquentaient ensemble la mosquée de la ville, des réunions sur la religion ou le snack "Le Bahut" tenu par Abdelkarim, le premier à avoir pris la route du djihad. Mercredi, au cinquième jour du procès, c'était au tour des plaidoiries de la défense. Me Hazan a tout d'abord plaidé pour la relaxe de Saad B. Il a déclaré qu'il faut adhérer à l'idéologie du djihad pour être poursuivi pour association de malfaiteurs. Pour lui, il n'y a aucune preuve que son client y ait adhéré, rapporte France 3. Me Nogueras a ensuite pris la parole pour contester l'association de malfaiteur pour Adil Barki. L'avocat le place dans la catégorie des idéalistes passionnés. Pour lui, il serait le moins dangereux des prévenus. "Adil Barki assume sa responsabilité, il ne se cache pas derrière les autres", a déclaré l'avocat, plaidant pour qu'en cas de condamnation, la peine de sûreté des 2/3 demandée par la procureure ne soit pas appliquée. Me Nogueras a par la suite plaidé pour Jawad S., le qualifiant d'"escroc intellectuel". Il a affirmé qu'il s'était servi des "assises" (les réunions au snack) pour se faire un nom. Pour lui, il est moralement condamnable mais pas pénalement. Il a mis en avant sa lâcheté pour défendre son comportement et demandé une peine de cinq ans d'emprisonnement avec un an de sursis. Après une brève suspension d'audience, Me Serge Money, qui défend Ali Abdoumi, a demandé la relaxe de son client, avançant qu'il n'y avait "aucun élément matériel" qui permet de dire avec certitude qu'il est parti sur zone avec ses deux filles. Me Martin Pradel, avocat d'Hamza Mosli -à l'encontre duquel la procureure a requis une peine de 9 ans d'emprisonnement-, "ne plaide pas la relaxe", assure-t-il mais parle de "peines caricaturales (9 ans) parce qu'il n'est pas parti sur zone, et qu'il n'a pris part à aucun combat. Hamza Mosli a fait plus que des discours. Quand il met en contact deux personnes, quand il se renseigne comment partir. Il ne conteste rien. Il dit qu'il n'a pas été le recruteur". Selon Me Pradel, on n'a pas affaire à un prosélyte. L'avocat conclut en demandant trois ans ferme avec sursis de deux ans pour son client. (Belga)

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