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Procès Nemmouche - LE DIRECT: un témoin parle de sa rencontre avec l'accusé, un mois avant l'attentat au Musée juif

Procès Nemmouche - LE DIRECT: un témoin parle de sa rencontre avec l'accusé, un mois avant l'attentat au Musée juif
Le procès Nemmouche

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de 33 et 30 ans, sont actuellement jugés devant la cour d'assises de Bruxelles, accusés d'être auteur et co-auteur de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles. L'attentat avait coûté la vie à quatre personnes. Mehdi Nemmouche avait été arrêté six jours après les faits à la gare routière de Marseille. Il était en possession de munitions et d'armes, dont une kalachnikov et un revolver, qui ont servi lors de l'attaque au Musée juif. Nacer Bendrer, arrêté le 9 décembre 2014 à Marseille, est soupçonné d'avoir fourni les armes à Mehdi Nemmouche.

La cour d'assises de Bruxelles a entendu ce vendredi après-midi Mounir Attallah. Ce dernier avait été inculpé dans le dossier de l'attentat du Musée juif de Belgique puis avait bénéficié d'un non-lieu par la chambre des mises en accusation de Bruxelles. Il était soupçonné d'avoir, comme Nacer Bendrer, apporté une aide essentielle à Mehdi Nemmouche.

La séance a été levée pour ce vendredi. Le procès reprendra lundi avec la lecture de l'audition de Kamel Friga. Nacer Bendrer avait volé au frère de celui-ci, Mehdi, un sac rempli d'armes, estimant que la famille Friga avait une dette envers lui pour ne pas avoir chargé leur autre frère pour une agression. Mehdi Friga avait été assassiné à Marseille le 1er août 2014.


Retour sur la séance de ce vendredi


18h10 - "L'obsession de vouloir prendre Bendrer en tort montre la vacuité des éléments contre lui"

"Cette obsession (de l'accusation, NDLR) de vouloir prendre M. Bendrer en tort montre la vacuité des éléments apportés jusqu'ici contre lui", a déclaré en guise de commentaire vendredi Me Gilles Vanderbeck, conseil du co-accusé de la tuerie au Musée juif. Selon l'avocat, toute la téléphonie liée à ce dossier n'a pas pu être retracée.

Quelques incohérences ont été mises en évidence, vendredi, devant la cour d'assises de Bruxelles, concernant la téléphonie. Ainsi, par exemple, le 24 mai 2014, le téléphone de Mounir Attallah a borné à sept minutes d'écart en deux endroits distants de près de 200 km. "Ces localisations de téléphone sont à prendre avec prudence, ce n'est pas encore une science exacte", a avancé l'avocat français Me Blot, qui défend également Nacer Bendrer. Lorsqu'une borne est saturée à la suite de nombreux appels, un appel peut être dévié vers une autre borne. C'est ce qu'on appelle le "délestage", a-t-il précisé. "On ne met pas le délestage en cause. C'est incontestable et incontesté. Mais on n'active pas une borne 100 km plus loin", a réagi l'avocat général Yves Moreau. "On apprend que la téléphonie, c'est relatif. On apprend aussi qu'on n'a peut-être pas toute la téléphonie. Et ça, ça l'embête, car il se fonde sur la téléphonie", a poursuivi Me Vanderbeck, désignant du doigt l'avocat général. "Il faudra que l'accusation s'explique par rapport à cela. Nous, nous avons une explication". Pour l'avocat, "l'obsession de vouloir prendre Bendrer en tort" témoigne en tout cas de "la vacuité des éléments apportés jusqu'ici contre lui", a-t-il conclu.

16h45 - Nacer Bendrer n'était ni radicalisé ni actif dans les armes, selon son ami Mounir Attallah

Le co-accusé de l'attentat au Musée juif de Belgique Nacer Bendrer n'était pas radicalisé, a assuré vendredi après-midi son ami d'enfance Mounir Attallah devant la cour d'assises de Bruxelles. Il ne faisait pas ses prières et n'avait aucun lien avec des personnes suspectées de terrorisme, a assuré le témoin.

Selon le directeur de la prison de Salon-de-Provence, où Mounir Attallah, Nacer Bendrer et Mehdi Nemmouche étaient tous les trois incarcérés en 2009 et 2010, les deux derniers faisaient partie d'un réseau de détenus radicalisés et prosélytes. Mounir Attallah, qui avait été inculpé dans le dossier du Musée juif avant de bénéficier d'un non-lieu, a cependant affirmé que son ami d'enfance Nacer Bendrer, avec lequel il jouait au football depuis leur plus jeune âge, n'était pas un musulman radical. Le témoin a aussi assuré, devant la cour d'assises, qu'il n'avait jamais vu le co-accusé avec des armes et qu'il ne sait donc pas pourquoi Mehdi Nemmouche se serait tourné vers lui pour obtenir une kalachnikov. "Bendrer, il est comme moi, tranquille, il ne cherche pas la bagarre". Mounir Attallah a encore précisé qu'il n'avait jamais fréquenté le pavillon de Ceyreste, à l'est de Marseille, où Nacer Bendrer a été interpellé en possession d'armes le 9 décembre 2014. Ce logement appartenait à Johan Perrin, un individu également actif dans le trafic de voitures, selon le témoin, qui avait été appréhendé le même jour que son ami.  

16h05 - "J'ai vu Mehdi Nemmouche vingt-cinq minutes maximum" (Mounir Attallah)

Mounir Attallah a déclaré qu'il n'avait vu que brièvement Mehdi Nemmouche le 24 avril 2014 à Marseille. "Je ne l'avais plus vu depuis quatre ou cinq ans. Ce qui m'a frappé c'est qu'il n'avait plus de barbe", a-t-il relaté. "On s'est vu vingt-cinq minutes maximum. Il ne m'a pas parlé de sa vie".

Mounir Attallah n'en a pas dit plus que dans ses dernières déclarations devant les enquêteurs, vendredi après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles. Celui-ci, qui avait été inculpé dans le dossier de l'attentat au Musée juif de Belgique tout comme Nacer Bendrer et Mehdi Nemmouche, a été entendu comme témoin. Mounir Attallah ne conteste pas avoir vu Mehdi Nemmouche à Marseille le 24 avril 2014, après que ce dernier avait repris contact avec lui le 9 avril 2014. Il n'a également pas contesté lui avoir donné le numéro de Nacer Bendrer. Pour le reste, le témoin a assuré que Mehdi Nemmouche ne lui avait dit ni pourquoi il venait à Marseille ni d'où il venait, et qu'il ne lui avait pas dit non plus pourquoi il voulait obtenir le numéro de Nacer Bendrer. "Il m'a demandé de venir le chercher dans le quartier de Bonneveine et de le conduire dans le quartier de La Valentine. Je ne l'avais plus vu depuis quatre ou cinq ans. Ce qui m'a frappé c'est qu'il n'avait plus de barbe", a-t-il dit. "Ce qui m'a paru bizarre aussi c'est qu'il a éteint son téléphone", a-t-il ajouté. "Je lui ai demandé s'il voulait aller manger. Il n'avait pas faim. Il m'a dit 'non, on va faire un tour à la Valentine'. On s'est dit qu'on se reverrait plus tard au soir, puis au soir moi j'étais avec ma femme. Il venait pour des vacances, tranquille. On s'est vu vingt-cinq minutes maximum. Il ne m'a pas parlé de sa vie. Il ne m'a pas demandé d'arme", a-t-il dit. Mounir Attallah a encore ajouté qu'il avait appris les faits du Musée juif par la télévision mais qu'il ne connaissait rien à cette affaire. Lors de son dernier échange téléphonique avec Mehdi Nemmouche, deux jours après la tuerie, l'accusé lui a seulement demandé de venir le chercher à la gare de Nice, ce qu'il a refusé. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont accusés devant la cour d'assises de Bruxelles d'être auteur et co-auteur de l'attentat commis au Musée juif de Belgique le 24 mai 2014.

15h34 - Un témoin dont le GSM a appelé Nacer Bendrer affirme ne pas le connaître

S.S., une Marseillaise dont le GSM avait eu 147 contacts avec le téléphone de Nacer Bendrer entre les 21 et 25 avril 2014, n'a pas fourni davantage d'explications vendredi, devant la cour d'assises de Bruxelles, sur ces échanges. Elle a réaffirmé ne connaître ni Nacer Bendrer, ni Mehdi Nemmouche, mais admet qu'elle a pu prêter son téléphone. "Je ne me rappelle plus, ça fait tellement longtemps", a indiqué la jeune femme, qui était âgée d'à peine 19 ans au moment des faits.

L'enquête de téléphonie a démontré que le numéro de la témoin avait activé l'antenne qui couvre la gare Saint-Charles, à Marseille, entre 11h30 et 14h00 le 30 mai 2014, soit le jour de l'arrestation de Mehdi Nemmouche à cet endroit. A la question de la présidente de savoir si elle avait pu prêter son téléphone à quelqu'un, la témoin a répondu par l'affirmative, sans préciser à qui. "Je ne peux pas vous aider, moi. Je ne sais rien du tout. Je me retrouve ici je ne sais même pas pourquoi", a-t-elle ajouté. Cette jeune femme est la nièce d'un certain L.K., qui travaillait comme pizzaiolo dans un snack tenu par le frère de Mounir Attallah. Ce dernier, qu'elle dit "connaître de vue", est aussi entendu par la cour vendredi après-midi. L'avocat général a ensuite confronté la témoin avec les découvertes des enquêteurs lors de la perquisition à son domicile. Une douille utilisée et une cartouche de 9 mm avaient en effet été retrouvées dans son sac. "Ah ben dis donc!", s'est-elle exclamée, avant de préciser qu'elle avait "ramassé la douille par terre" mais qu'elle n'avait jamais eu de cartouche.

15h15 - Alors que la défense de Mehdi Nemmouche avait souligné que celui-ci est asthmatique et avait laissé sous entendre qu’il ne pouvait pas courir, Mounir Attalah a expliqué qu’en prison, il faisait du sport avec Mehdi Nemmouche: "C’est un bon sportif".

14h21 - Début de l'audition de Mounir Attalah

11h - Partie civile: l’attitude de Mehdi Nemmouche devant les enquêteurs n’a rien de celle d’un homme qui a peur, qui a été piégé et qui se tait pour protéger quelqu'un. C’est plutôt celle d’un homme narquois qui est ravi de répondre aux questions, il prend un malin plaisir a tourner tout et tout le monde en dérision.

9h53 - Dans les vidéos, Mehdi Nemmouche s’étire, il fait de grands gestes. Une attitude aux antipodes de celle de l’homme calme, le dos un peu voûté, les épaules rentrées qui est dans le box des accusés,

9h45 - Ce matin, on continue de visionner les auditions vidéo filmées de Mehdi Nemmouche. Devant les enquêteurs français, il apparaît très détendu, presque fier d’être là. Il tente de blaguer, il sourit, rigole à ses propres blagues. En guise de réponse, il répète "DAS", initiale de "droit au silence".

BILAN DE L'AUDIENCE DE JEUDI: Mehdi Nemmouche face aux ex-otages français dont il avait été le geôlier en Syrie

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