Procès Nemmouche: les avocats évoquent un trucage des images des caméras de suveillance, "IMPOSSIBLE" répond la police

Procès Nemmouche: les avocats évoquent un trucage des images des caméras de suveillance,
Le procès Nemmouche

Les images des caméras de surveillance du Musée juif de Belgique n'ont pas été altérées ou modifiées au moment de leur extraction, a assuré mercredi matin le policier en charge de cette opération le jour des faits. La copie de travail réalisée depuis le serveur bloque la modification des données, notamment pour les protéger de virus informatiques, a-t-il expliqué devant la cour d'assises de Bruxelles.

Les avocats de Mehdi Nemmouche, poursuivi pour l'attentat au Musée juif de Belgique le 24 mai 2014, ont évoqué depuis le début du procès des manipulations sur les images des caméras de surveillance. Ils se sont étonnés que, sur certaines images, l'auteur porte des lunettes de soleil et sur d'autres pas, insinuant que les enquêteurs les ont effacées pour l'avis de recherche et ont reconstitué le visage de l'auteur.

Les avocats avaient donc demandé à ce que le policier qui a manipulé les images soit entendu devant la cour, ce qui a été fait mercredi matin. "J'ai utilisé un lecteur permettant de faire des captures d'écran. Chaque pixel de la vidéo originale se retrouve exactement au même endroit dans la copie, avec la même valeur. Aucune transformation n'est possible", a déclaré cet enquêteur chargé de l'extraction des données vidéo du serveur du Musée juif de Belgique. Ce dernier a écarté la thèse d'une transformation des images. Son travail a par ailleurs précédé l'arrestation de Mehdi Nemmouche le 30 mai 2014 à la gare routière de Marseille.

"Les images du tueur ont été diffusées le 28 mai 2014. Nous avions peur que l'auteur quitte la Belgique, nous étions dans un mécanisme de 'on va vite'", a ajouté la juge d'instruction Berta Bernardo Mendez. "Je suis arrivé sur les lieux à 22h et j'ai travaillé toute la nuit pour fournir les images le lendemain à la juge d'instruction", a poursuivi le policier qui a traité les images. Ce dernier a expliqué avoir simplement flouté la caméra GoPro que portait l'auteur de l'attentat et les corps des victimes dans les images diffusées ensuite pour l'avis de recherche. Il y a également modifié la luminosité et les contrastes puis a procédé à un agrandissement. Il a montré à la cour trois images différentes, afin que tout le monde puisse visualiser ce qui a changé: la première image visible sur la vidéo de caméra de surveillance du musée, la seconde qui est obtenue par capture d'écran via un logiciel spécial et la troisième qui est obtenue après agrandissement et éclaircissement.

Enfin, la cour a demandé à nouveau au policier si rien n'avait été ajouté ou enlevé au personnage. "Non, absolument pas", a-t-il répondu. Par ailleurs, au début de l'audience, la présidente de la cour, Laurence Massart, a annoncé que les images des 6 heures 50 d'audition de Mehdi Nemmouche en France seraient diffusées le 1er février. Elles ont toutes été vidéofilmées, à l'exception de celle réalisée par les douanes après son arrestation.

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