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Procès Sadia: les parents écopent des peines les plus lourdes

 
 

Après plus de trois semaines, le procès des quatre membres de la famille Sheikh s'est terminé ce lundi soir par la lecture des peines. Julien Crète révélait l'information en direct dans le journal de 19h de RTL-TVI.

L'arrêt rendu condamne l'auteur de l'assassinat, le frère de Sadia, Mudusar, à 15 ans de prison. Le père et la mère de la jeune victime écopent eux de respectivement 25 et 20 ans de prison. La petite soeur de Sadia, Sariya, a elle été condamnée à 5 années de rétention. Le jury de la cour d'assises de Monsa donc clairement reconnu les parents de Sadia Sheikh comme les instigateurs de ce crime d'honneur perpétré à Lodelinsart en 2007.

L'avocat général, Alain Lescrenier avait requis la perpétuité pour les parents et le frère de Sadia et une peine entre 20 et 30 ans pour Sariya. La défense avait, quant à elle, plaidé le sursis probatoire soulignant que si la peine était inévitable elle se devait d'être juste. "Une justice pour l'exemple n'est jamais un exemple de justice", avait affirmé Me Michel Bouchat, conseil de Tariq, le père de Sadia.

Au terme de plus de trois semaines de procès, le jury avait reconnu coupables les quatre membres de la famille Sheikh de l'assassinat de Sadia avec la circonstance aggravante de crime d'honneur. Mudusar, le frère, et Tariq, le père, avaient également été reconnus coupables de tentative de mariage forcé. Me Michel Bouchat a annoncé qu'il envisageait sérieusement de porter l'affaire en cassation sur base de la motivation de l'arrêt de culpabilité qu'il qualifie de non pertinente.

L'avenir de Sariya, la soeur cadette, mis en avant

La défense a pris pour la dernière fois la parole ce lundi avant la délibération du jury. Me Nathalie Buisseret, conseil de Sariya, a plaidé une peine avec sursis, arguant du fait que sa cliente n'avait pas une position plus enviable au sein de la famille que celle de sa sœur Sadia, tiraillée également entre les traditions et son envie d'un bonheur plus moderne comme n'importe quelle jeune fille occidentale. "N'oubliez pas que nous sommes tous le produit de notre éducation. Du haut de ses 18 ans, elle n'a pas pu prendre de recul au moment des faits, avec ce qu'on lui avait inculqué", a indiqué l'avocate en précisant que l'enfermement n'apporterait rien de plus à la souffrance qui est déjà la sienne. L'avenir potentiel de la jeune femme a été mis en exergue. Enceinte de cinq mois, fiancée, Sariya suit des cours d'éducation spécialisée. "Elle a un avenir qui permet de croire au respect de la vie et aux règles", a conclu Me Buisseret, avant de céder la parole à son confrère Me Vincent Desaucy.      

La mère de Sadia elle-même victime  

L'avocat, qui défend les intérêts de Parveen, la mère de Sadia, a rappelé aux jurés qu'il ne fallait pas faire l'exemple pour l'exemple et que si la peine était inévitable, elle se devait d'être juste. Selon l'avocat, les risques de récidive sont inexistants dans le cas de sa cliente. A travers les témoignages et les expertises de personnalité, l'avocat a souligné que si la mère de Sadia, ancrée dans la coutume et la tradition, avait sa place au sein de son foyer, elle n'avait aucun pouvoir décisionnel. "Elle-même a fait l'objet d'un mariage arrangé. Ses deux filles aînées lui ont été enlevées tant qu'elle n'engendrait pas un garçon. Situation que Mudusar a sauvée", a expliqué l'avocat.      

Me Michel Bouchat, qui défend les intérêts de Tariq, le père, a plaidé cinq ans de réclusion, assortis d'un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive. 

Peine maximale requise pour 3 des 4 accusés

Ce lundi matin, l'avocat général a requis la peine maximale, la perpétuité, pour les parents et le frère de Sadia et une peine entre 20 et 30 ans pour Sariya, la sœur cadette. Les quatre membres de la famille Sheikh ont été reconnus coupables de l'assassinat de Sadia, avec la circonstance aggravante de crime d'honneur. Alain Lescrenier a demandé aux jurés de ne retenir aucune circonstance atténuante dans le chef des accusés, à l'exception de Sariya qui, adolescente au moment des faits, était soumise aux décisions familiales.      

L'avocat a demandé aux jurés de tenir compte de nombreuses circonstances atténuantes : les contraintes culturelles, le malentendu entre Sadia et sa famille qui adoptait un comportement ambigu et illisible pour les siens, le passé de Tariq, non scolarisé dans une fratrie de treize enfants élevés dans un pays en guerre, son évolution depuis les faits, le fait qu'il ne se soit pas soustrait à la justice belge en se réfugiant dans son pays d'origine, l'absence d'antécédents judiciaires, son âge et son état de santé précaire, et l'explosion de la famille depuis la déclaration du jury. 


 

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