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Procès Valentin: la défense de Belinda Donnay doute de sa culpabilité d'assassinat

Les avocats de Belinda Donnay ont affirmé mercredi devant la cour d'assises de Liège qu'un doute subsiste sur la culpabilité de leur cliente sur les faits d'assassinat de Valentin Vermeesch. La défense reconnait les faits de torture, de viol et de coups mais elle estime que l'implication de Belinda Donnay dans la mise à mort de Valentin Vermeesch peut être mise en doute.

Les plaidoiries se poursuivent au procès des tortionnaires de Valentin Vermeesch devant les assises de Liège. Tour à tour, les avocats viennent plaider devant le jury. Notre journaliste Antoine Schuurwegen était ce matin sur place et a pu assister aux plaidoiries. Les avocats de Belinda Donnay, l'une des accusés, ont pris la parole. Qu'ont-ils demandé? "Ils ont demandé de répondre 'oui' à l'ensemble des questions concernant le viol, la séquestration, la torture, les coups et blessures, les traitements inhumains et dégradants, mais pas pour l'assassinat", explique Antoine Schuurwegen. Selon ses avocats, Belinda Donnay n'avait pas l'intention de tuer Valentin Vermeesch et elle n'était pas au courant de l'intention d'Alexandre Hart. "Les avocats de Belinda Donnay ont rappelé qu'Alexandre Hart avait dû demander trois fois à leur cliente de l'accompagne au bord de l'eau lors de la scène finale." Les avocats ont rappelé que si les jurés n'avaient pas la certitude que Belinda Donnay devait tuer Valentin Vermeesch, ils devaient répondre 'non'. Le doute doit en effet profiter à l'accusé.

Par ses paroles odieuses lors de cette soirée, elle a encouragé les faits

Me Jean-Dominique Franchimont, l'avocat de Belinda Donnay, a contesté la préméditation de la mise à mort de Valentin Vermeesch. Il a encore soutenu que Belinda Donnay, même par sa passivité, n'a pas voulu s'associer à l'acte de mise à mort commis par Alexandre Hart. Selon Me Steve Van Laenen - également avocat de Belinda Donay - il reste des zones d'ombre dans le dossier, notamment sur la chronologie des faits et de la localisation de certains actes. L'avocat a soutenu que la soirée avait été organisée à l'insu de Belinda Donnay dans son studio. "Mais par ses paroles odieuses lors de cette soirée, elle a encouragé les faits et notamment les viols commis sur Valentin. Par le biais de son abstention coupable, elle a sa part de responsabilité. Mais elle n'a pas eu la direction de la soirée. Elle n'a rien décidé et elle n'a eu aucune emprise sur le déroulement de la soirée", a insisté l'avocat.

La scène s'est déroulée dans la pure improvisation

Pour la défense, Belinda Donnay est apparue en retrait lors des principales scènes imposées à Valentin Vermeesch. Lors d'une première scène en bord de Meuse, elle n'aurait pas été impliquée dans les faits qui consistaient à porter Valentin au-dessus de l'eau et à faire balancier avec son corps pour lui faire peur. Lors d'un retour dans le studio, elle n'aurait pas participé aux coups les plus violents qui ont fait perdre connaissance à Valentin. "Elle est présente mais elle ne participe pas", a indiqué Me Van Laenen. Me Van Laenen a soutenu que c'est Alexandre Hart qui a pris l'initiative d'emmener Valentin Vermeesch vers le bord de la Meuse. Il a insisté à trois reprises pour que Belinda Donnay l'accompagne. "Mais la scène s'est déroulée dans la pure improvisation et n'a pas été préméditée. Belinda Donnay avait gardé à l'esprit qu'Alexandre Hart voulait faire peur une dernière fois à Valentin. Mais, malgré son absence de réaction, elle n'a pas eu l'intention de s'associer à ce qui allait être commis. Elle n'a pas réalisé les intentions d'Alexandre Hart et elle ne voulait pas tuer Valentin", a plaidé l'avocat. Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé, les mains menottées dans le dos.Les plaidoiries des avocats de Dorian Daniels auront lieu à 14h00.

Mort noyé après une nuit de calvaire

Pour rappel, Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant de handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Wanze, lors d'une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé. Son cadavre avait été retrouvé le 14 avril, les mains menottées dans le dos et un essuie de vaisselle noué autour du cou. L'enquête avait mené à plusieurs de ses connaissances à Huy. La veille des faits, en soirée, il avait été invité dans un appartement du quartier de Statte, où il avait subi des gages et des moqueries. La scène avait ensuite dégénéré et, dans une dynamique de groupe, les cinq accusés lui avaient porté des coups et infligé des tortures. Le dossier évoque des scènes de sévices sexuels, des traitements inhumains et dégradants et des faits de coups puissants. Valentin Vermeesch avait aussi été menotté dans le dos.

Après plusieurs heures de violences, les bourreaux de Valentin lui avaient fait croire qu'il pouvait s'échapper. Mais ils l'avaient rattrapé avant de l'attacher à une barrière et de lui imposer de nouvelles tortures. Finalement, il avait été jeté vivant à l'eau pour que les jeunes se débarrassent de lui et qu'il ne les dénonce pas.

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