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Quatre ans de prison requis à l'encontre de Mohamed Abdeslam

Quatre ans de prison requis à l'encontre de Mohamed Abdeslam

La procureure a requis, mercredi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de quatre ans de prison à l'encontre de Mohamed Abdeslam pour le vol de la caisse communale de Molenbeek-Saint-Jean, commis le 23 janvier dernier. Pour le ministère public, le butin est toujours entre les mains du frère de Brahim et Salah Abdeslam.

Un homme aux abois, selon la procureure

La procureure a estimé que Mohamed Abdeslam, frère de deux des auteurs des attentats de Paris de novembre 2015, était la tête pensante du vol de la caisse communale de Molenbeek-Saint-Jean commis le 23 janvier dernier. "Il devait de l'argent à tout le monde. Et pour commettre les faits, il avait besoin de Pierre-Raphaël C. afin d'avoir les informations sur le jour du transfert de l'argent, et de Youssef B. pour la voiture", a-t-elle affirmé.

Un butin introuvable

Celle-ci a également requis une peine de deux ans de prison, avec sursis éventuel, à l'encontre de Youssef B., et une peine de 30 mois de prison, avec sursis éventuel, à l'encontre de Pierre-Raphaël C. Quant au butin, qui jusqu'ici n'a jamais été retrouvé, la procureure considère qu'il est "resté dans les mains de Mohamed Abdeslam". Plusieurs indices l'indiquent, a-t-elle rappelé, notamment un virement de 20.000 euros effectué par ce dernier vers un compte au Maroc, ainsi qu'une soirée où plusieurs témoins l'ont vu sortir de sa poche des liasses de billets. "Il n'a jamais eu l'intention de partager cet argent avec qui que ce soit", a-t-elle ajouté.

Si la procureure a parlé de "cynisme" de la part de Mohamed Abdeslam concernant sa prétendue ignorance à propos de la disparition du butin, elle a toutefois accrédité sa version sur le déroulement des faits. "Comme monsieur Abdeslam l'a dit, c'était une "mise en scène". Il n'y avait en effet pas de couteau, contrairement à ce qu'a soutenu Pierre-Raphaël C. Il était par ailleurs impossible que Mohamed Abdeslam sache par lui-même que l'argent allait être transféré ce jour-là, contrairement à ce qu'a soutenu encore une fois Pierre-Raphaël C.", a exposé la magistrate.

Mohamed Abdeslam reconnait son implication

Le 23 janvier dernier, peu après 14h00, trois fonctionnaires molenbeekois avaient été attaqués alors qu'ils s'apprêtaient à déposer une somme de près de 70.000 euros à la banque, place de l'Yser à Bruxelles. Un individu, décrit par les victimes comme armé d'un couteau, avait exigé l'argent et pris la fuite avec son butin. Quatre personnes avaient été interpellées, dont Mohamed Abdeslam, l'un de ses amis, Youssef B., ainsi qu'un des employés communaux qui avaient escorté l'argent le jour des faits, Pierre-Raphaël C. En juin dernier, Mohamed Abdeslam avait admis avoir participé au projet de vol et ensuite servi de chauffeur.

Il a affirmé avoir été informé par Pierre-Raphaël C. qu'une importante somme d'argent devait être apportée à la banque le 23 janvier 2018, et l'avait fait savoir à Youssef B. C'est ce dernier qui a commis l'attaque, selon lui, alors que l'argent était transporté notamment par Pierre-Raphaël C. et une ex-compagne de Mohamed Abdeslam, N.D., elle aussi employée communale à Molenbeek-Saint-Jean. Mohamed Abdeslam a affirmé que ces deux derniers étaient au courant des faits et avaient accepté d'y jouer un rôle. N.D. n'avait, elle, pas été inculpée mais la procureure a estimé qu'"ils auraient dû être quatre sur le banc des prévenus", confiant avoir "de sérieux doutes" sur l'innocence de N.D. Quant au butin, il est à ce jour introuvable. Mohamed Abdeslam a déclaré qu'il ne savait pas où il se trouvait mais que, selon lui, c'est Youssef B. qui le possédait avant leur arrestation. Les débats se poursuivront jeudi à 14h00 avec les plaidoiries de la défense.

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