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Révélations de Vangheluwe: "Ecoeuré", "gifle aux victimes", ...

 
 

Les réactions ne se sont pas faites attendre du côté de l'église belge mais aussi des politiciens flamands. Tous, à l'exception de la Conférence des évêques de Belgique qui ne souhait pas réagir, sont choqués par les révélations de M. Vangheluwe à propos des abus sexuels commis sur ses neveux.

"Nous sommes totalement surpris, sans voix, abasourdi après avoir regardé l'interview de Monseigneur Vangheluwe", a réagi jeudi soir la porte-parole de l'évêché de Bruges, Doenja Van Belleghem, estimant qu'il n'est pas opportun de la part de Roger Vangheluwe de s'exprimer en public à ce sujet et que cela n'aide pas l'Eglise.

De son côté, la Conférence des évêques de Belgique n'a pas souhaité faire de commentaires jeudi soir. "Nous avons décidé de ne pas faire de commentaires. Nous devons d'abord laisser cela décanter", a déclaré son porte-parole.

"Je suis écœuré"

Le théologien Jürgen Mettepenningen a réagi jeudi soir lors de l'émission Terzake de la vrt à l'interview accordée par Roger Vangheluwe. "Je suis écœuré", a-t-il dit. Selon le théologien, ancien porte-parole de Monseigneur Léonard, cette interview lasse apparaître Roger Vangheluwe comme quelqu'un qui ne prend pas conscience de ce qu'il a fait et minimise ses actes. Jürgen Mettepenningen constate en outre que l'ancien évêque ne ressent pas la sanction qui lui a été infligée par le Vatican comme une sanction. Enfin, le théologien doute également des déclarations de Roger Vangheluwe quand il dit que l'argent qu'il a versé à sa victime ne visait pas à acheter son silence.

Des politiciens qui parlent d'une même voix

La plupart des députés flamands qui ont participé à la Commission parlementaire sur les abus sexuels commis dans une relation d'autorité se sont indignés des propos tenus par l'ancien évêque Roger Vangheluwe.

Les évêques de Belgique doivent donner un signal et prendre leurs distances avec M. Vangheluwe, estime Renaat Landuyt (sp.a) qui a dénoncé une minimisation des faits. "Il doit être très douloureux pour les victimes de constater que rien n'a changé chez l'intéressé", a-t-il souligné.

Siegfried Bracke (N-VA) dit espérer que l'interview n'est pas "représentative de l'Eglise". Le député regrette que l'ancien évêque n'établisse pas un lien spécifique entre l'Eglise et les abus. "L'Eglise est quand même une institution qui, par excellence, est fondée sur des valeurs", a-t-il ajouté.

Le vice-président de la Commission, Stefaan Van Hecke (Groen! ), n'a pas mâché ses mots: "Dégoûtant", a-t-il lancé. Selon lui, le prêtre n'a pas paru affecté par ces faits: "Une gifle à la face des victimes".

La vice-présidente Carina Van Cauter (Open Vld) a quant à elle dénoncé "une absence totale de sentiment de culpabilité".

De son côté, le sénateur Rik Torfs (CD&V) a estimé que Roger Vangheluwe n'aurait pas dû s'exprimer et que "c'est un homme qui a un problème". "En parlant aussi superficiellement de ces affaires, il ne rend pas service à l'Eglise", a-t-il ajouté, tout en considérant que l'interview montre que l'ancien évêque n'a pas pris conscience de ses actes. "C'est particulièrement douloureux pour les victimes", a-t-il encore dit.

Un "mythomane" qui enchaine les fausses déclarations

Roger Vangheluwe est un "mythomane", a réagi pour sa part l'avocat Walter Van Steenbrugge, qui assure, avec sa collègue Christine Mussche, la défense de 74 victimes d'abus sexuels de la part de prêtres. Selon l'avocat, qui intervenait dans le cadre de l'émission Terzake de la VRT, l'ancien évêque de Bruges passe "d'une déclaration scandaleuse à une autre".

L'avocat estime que dans son interview, Roger Vangheluwe "minimalise l'affaire" et "ne se rend clairement pas compte de ce qu'il a fait endurer à ses victimes". L'avocat qualifie également de mensonge les déclarations de l'ancien évêque selon lesquelles il aurait donné "des millions de francs" à son neveu, abusé pendant 13 ans et dont Walter Van Steenbrugge est l'avocat. L'avocat, qui dit par ailleurs mettre la dernière main à une citation officielle visant le pape, juge tout aussi fausses les déclarations de l'ancien évêque selon lesquelles il n'existe aucune plainte officielle contre lui. De son côté, l'avocate Christine Mussche estime que l'interview est une énième offense au neveu de l'ancien évêque de Bruges. "Je crains les conséquences que cela va avoir pour lui", a-t-elle dit.


 




 

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