Salah Abdeslam face à la justice: il est "dans la provocation et inverse la culpabilité"

Le premier procès de Salah Abdeslam s'est ouvert ce lundi matin à Bruxelles, concernant sa participation présumée à la fusillade de la rue Dries. L'accusé a refusé de s'exprimer, a parlé d'une prétendue oppression des musulmans et a évoqué sa vision de la religion. Pour les proches des personnes touchées par les attentats, il tente de provoquer et d'inverser la situation pour se faire passer lui-même pour une victime.

"Il est dans la provocation comme on pouvait s'y attendre. Ça ne m'étonne pas, c'est fidèle à ce à quoi je pensais, à l'attitude que je pensais le voir avoir, je n'ai aucun étonnement", a réagi au sujet de Salah Abdeslam et de son refus de s'exprimer le rescapé du Bataclan Olivier Laplaud, de l'association de victimes Life for Paris. "C'est émotionnellement difficile et douloureux de se retrouver les yeux dans les yeux avec lui".

Salah Abdeslam "utilise le tribunal" et "inverse la culpabilité" en accusant la présidente, s'offusque Philippe Dupeyron de l'association 13onze15 Fraternité et Vérité. "C'est un galop d'essai, cela laisse préjuger de son attitude pour le procès sur les attentats. Les différentes associations de victimes ont en tout cas la volonté d'être solidaires", a-t-il ajouté.

Pour Guillaume Denoix de l'association française des victimes du terrorisme, Salah Abdeslam "reste radical". "Il se pose encore une fois en victime. Il refuse de reconnaître la cour alors que c'est lui qui a voulu venir", déplore-t-il.


"Ça confirmera l'importance de son rôle global"

"Le fait qu'il garde le silence n'empêche pas les investigations de se poursuivre. Nous avons un dossier de plus en plus costaud en France. Mais voilà, on aimerait qu'il parle, et s'il ne parle pas, ça confirmera l'importance de son rôle global, parce qu'en général ce sont les personnes qui sont en haut de la pyramide qui ne parlent pas", rappelle quant à lui Guillaume Denoix De Saint Marc, directeur général de l'association française des victimes de terrorisme.


Des victimes désintéressées par le procès: "Ce n'est pas le leur finalement"

D'ailleurs, sur la centaine de victimes des attentats de Bruxelles défendus par maître Jean-Paul Tieleman, la plupart ont décidé de ne pas assister à ce procès. "Ceux que j'appelle mes protégés sont désintéressés par ce procès, qui n'est pas le leur finalement", a-t-il réagi en direct ce lundi dans l'édition spéciale de RTLinfo sur RTL-TVi.

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