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Six enfants belges de djihadistes partis en Syrie sont de retour en Belgique: "Ils ont vécu l'enfer sur Terre"

Les six enfants belges qui ont quitté le camp d'Al-Hol en Syrie viennent d'arriver en Belgique, a tweeté vendredi soir le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. "Ils sont désormais suivis et accompagnés par les services d'aide à la jeunesse et les parquets locaux compétents", a-t-il précisé.

Dans le cadre d'une mission belge en Syrie, cinq enfants mineurs et une jeune femme de 18 ans ont été remis par les autorités locales kurdes à une délégation du ministère belge des Affaires étrangères. Ces jeunes dont au moins un parent a combattu pour l'État islamique, qui séjournaient seuls dans le camp d'Al-Hol et dont quatre n'ont plus ni père ni mère, ont été rapatriés en Belgique vendredi soir.

Nous avons rencontré l'avocat de plusieurs familles concernées. Nous l'avons interrogé en particulier sur le cas de la jeune femme de 18 ans, la plus âgée du groupe de rapatriés. "Elle sera entendue à son retour et j'espère qu'à l'issue de cette audition elle pourra retrouver sa liberté et retrouver sa famille. Maintenant elle a besoin de retrouver sa place dans la société, d'être entendue et surtout d'être protégée. Ce qui compte surtout aujourd'hui, c'est de protéger une enfant qui revient dans son pays", a expliqué Nicolas Cohen, avocat de plusieurs familles.

Elle n’avait que 12 ans lorsque son père l’emmène en Egypte, puis en Syrie où il combat aux côtés du groupe terroriste Etat islamique. Comme de nombreux enfants, elle vit dans ce camp de réfugiés, seule à la mort de son père, dans des conditions sordides et dangereuses selon les termes utilisés par l’Organisation Mondiale de la Santé . 

Ils sont contents, ils sont heureux

Les parquets de Bruxelles, Liège et Hal-Vilvorde ont "pris les mesures nécessaires" concernant les enfants, "conformément à la loi relative à la protection de la jeunesse" s'agissant des cinq mineurs, ont précisé les parquets de leur côté. "Tous les enfants ont été encadrés psychologiquement durant l'opération. Leur état physique et psychique sera dans un premier temps pris en charge. Il faut souligner que ces enfants ont séjourné durant une longue période en Syrie et dans des conditions difficiles. Un accompagnement postérieur à leur retour et adapté a donc été prévu", souligne le ministère public.

De son côté, le délégué général aux droits de l'enfant nous en a dit plus sur l'état d'esprit de ces enfants. "Ils sont contents, ils sont heureux. Ils sont joyeux, ça c'est certain. Ils désespéraient de pouvoir un jour retrouver le pays donc ils sont très très contents. Evidemment ils ont vécu pendant quelques mois un véritable drame, l'enfer sur Terre", a confié Bernard De Vos.

Ni le gouvernement fédéral ni les parquets ne souhaitent donner davantage de détails sur les mesures de protection qui ont été prises. Tout comme Child Focus, la justice invite les médias à respecter la vie privée des enfants.


Peuvent-ils un jour devenir dangereux?

Quel est l’état psychologique de ces enfants? Le parquet de la jeunesse et l’OCAM, l’organe chargé d’analyser la menace, collaborent au processus d’accueil. Les enfants bénéficieront d’un accompagnement à domicile ou en institution. L’objectif est d'établir leur degré de vulnérabilité.

Car la question se pose: ces enfants peuvent ils plus tard devenir dangereux? "Personne ne peut être certain de ça. Mais ce qui est certain, c'est que les laisser dans ces situations-là, c'est se garantir qu'ils deviendront dangereux", a estimé Bernard De Vos.

Au moins 60 enfants et adultes belges sont encore actuellement recensés dans plusieurs camps de réfugiés en Syrie.

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