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Slovaquie: les manifestations de rue se poursuivent, malgré le départ de Fico

(Belga) Au moins 20.000 manifestants se sont réunis vendredi soir à Bratislava pour réclamer des élections anticipées, malgré la démission la veille du Premier ministre Robert Fico

"La Slovaquie est sur une mauvaise pente", "Nous voulons des élections", "Une Slovaquie honnête pour nos enfants" ou encore "Laissez le peuple décider", clamaient leurs banderoles. Les organisateurs du mouvement "Pour une Slovaquie honnête", qui réclame notamment une enquête indépendante sur l'assassinat du journaliste Jan Kuciak, affirmaient s'attendre à des manifestations dans 34 villes slovaques et 25 villes à l'étranger. Apparemment, la démission du Premier ministre de gauche, réclamée lors des récentes manifestations, et la désignation pour le remplacer de son vice-Premier ministre Peter Pellegrini, du même parti politique Smer-SD, n'a pas affaibli la mobilisation de ses critiques. "Une démission ne suffit plus. Ils doivent quitter la vie publique. Qu'ils s'en aillent! Assez! " a déclaré un militant monté sur le podium. "J'étais là la semaine dernière et je suis là aujourd'hui. La démission de Fico, ce n'est pas assez. Nous voulons un gouvernement honnête, pas un gouvernement qui nous ment", a dit à l'AFP un habitant de Bratislava. De son côté, M. Pellegrini a entamé vendredi des négociations sur la formation de son gouvernement, qui doit représenter, outre sa formation à tendance sociale-démocrate Smer-SD, les partis Most-Hid (centre droit, proche de la minorité hongroise) et SNS (droite nationaliste). "Je peux vous assurer que ce sera un gouvernement qui conservera une claire orientation pro-européenne", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Et surtout, je crois que ce sera un gouvernement qui calmera la situation dans notre pays". M. Fico avait démissionné jeudi, dans le sillage de l'assassinat de Jan Kuciak. Ce dernier avait enquêté sur la corruption et sur des liens entre des hommes d'affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise, la 'Ndrangheta, et des hommes politiques slovaques, y compris dans l'entourage du Premier ministre. Selon des analystes, le remplacement de M. Fico par M. Pellegrini n'apporte pas de changement significatif. Selon eux, la Slovaquie pourrait voir s'installer maintenant le "modèle polonais": M. Fico, qui garde la présidence de son parti, devrait "devenir une éminence grise dirigeant le Premier ministre en coulisse", comme le laissent prévoir ses propos. (Belga)

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