L'ex-employé de la Stib et taximan envoyait des chants djihadistes à son fils de 12 ans: la peine est tombée

L'ex-employé de la Stib et taximan envoyait des chants djihadistes à son fils de 12 ans: la peine est tombée

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, mardi après-midi, un ancien employé de la Stib à une peine de 4 ans de prison ferme et à une amende de 4.000 euros pour participation aux activités d'un groupe terroriste et pour avoir tenté de recruter son fils dans de telles activités. Le tribunal n'a pas prononcé la déchéance de la nationalité belge du prévenu, requise par le parquet fédéral.

Les juges ont considéré que le prévenu avait commis des actes de participation clairs aux activités de groupes terroristes tels l'Etat Islamique (EI), notamment en véhiculant des idées radicales via les réseaux sociaux. Ils ont également estimé que le prévenu avait tenté de recruter son fils, mineur d'âge. Les juges ont par contre acquitté cet homme pour une seconde prévention de recrutement à l'égard de deux autres individus et pour une prévention de tentative d'attentat terroriste.

Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 4 ans de prison ferme et à une amende pénale de 4.000 euros.


Tout part des enquêteurs français

C'est la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) française qui est à la base de l'enquête. Elle a découvert qu'un mineur de moins de 16 ans, un jeune fanatisé interpellé en possession d'un couteau en juin 2016, avait été en contact via l'application Telegram avec le prévenu.

L'adolescent avait affirmé que ce dernier projetait de commettre un attentat en France. "Il voulait absolument qu'on sache que c'était lui qui avait commis l'attaque, c'est pour ça qu'il avait prêté allégeance à Daesh (groupe terroriste Etat Islamique)", avait expliqué le jeune homme aux enquêteurs français.

Interrogé par le tribunal, le prévenu a contesté les faits, tout en admettant qu'il "partageait les idées de Daesh à 25%", qu'il était en faveur de la Charia et qu'il était pour la polygamie "selon des conditions strictes". Il a expliqué qu'il avait commencé à s'intéresser à la religion après un accident de ski en janvier 2016.

Les juges l'ont longuement interrogé, notamment sur les 570 fichiers de propagande djihadiste retrouvés sur son ordinateur. Il s'agissait entre autres de vidéos de torture commise par des groupes terroristes. Lorsqu'il avait été interrogé à ce propos par les enquêteurs belges, le prévenu avait répondu qu'il les avait téléchargés car il était "intéressé par le montage de films".

Le prévenu a également été questionné sur le fait qu'il s'était enregistré sur de nombreux groupes de discussions via différentes applications comme Telegram ou Twitter, orientées pro-djihadisme, sous le pseudonyme "chevalier". Certaines des conversations, cryptées, n'ont pu être retranscrites et versées au dossier. "C'était par hasard. Mon intention n'était pas mauvaise. Je ne souscrivais pas du tout à ce que certains disaient", a répondu le prévenu.

Ce dernier a encore été interrogé par le tribunal sur le fait qu'il avait envoyé huit fichiers audio de chants djihadistes sur le GSM de son fils de 12 ans. "C'était pour faire sonner le GSM pour le retrouver", a donné comme explication le prévenu, qualifiée de "non crédible" par la présidente du tribunal.

Le dossier contient aussi des photos du fils du prévenu qui pose, en vacances, l'index levé vers le ciel. Ce geste effectué lors de la "chahâda", la profession de foi islamique, est devenu un symbole des sympathisants et combattants de l'Etat Islamique.

L'avocate de la défense, Me Nathalie Gallant, a parlé de "radicalisation expresse" du prévenu, dans un "contexte général de propagande via les télécommunications, germes de nombreuses dérives", alors que ce dernier était "parfaitement intégré" et qu'il "avait toujours travaillé".

La pénaliste a plaidé une peine de prison avec sursis partiel et probatoire. Elle s'est par ailleurs opposée à une déchéance de la nationalité belge, rappelant que son client, qui a également la nationalité marocaine, était né en Belgique et que ses enfants y étaient scolarisés. "Mon client l'a dit: il s'est perdu sur internet. Mais toute sa famille est là. Elle ne l'a pas laissé tomber", a-t-elle conclu.

Vos commentaires