Un avocat dénonce "l'agressivité et les sévices" que feraient subir des gardiens de la prison de Bruges à des prisonniers

Un avocat dénonce

Que se passe-t-il à la prison de Bruges? Un avocat dénonce ce dimanche des comportements "inadéquats" de la part de certains gardiens dans les quartiers de haute sécurité. Une zone de la prison occupée par des détenus poursuivis pour terrorisme. L'Observatoire international des prisons reconnaît qu'il suit attentivement la situation. Nos journalistes Benjamin Samyn et Samuel Lerate ont mené l'enquête.

Parmi la population pénitentiaire, 16 personnes radicalisées sont détenues à Bruges, et certaines en régime strict. Salah Abdeslam a par exemple été emprisonné ici. Des suspects liés à la cellule terroriste de Paris et de Bruxelles y sont actuellement. L’avocat de plusieurs d’entre eux a décidé de rendre public des dérives qu’il aurait constatées dans les quartiers de haute sécurité.

"Il y a à Bruges un tout gros problème d'agressivité, de sévices qui, à mon avis, est lié à deux phénomènes. Le premier c'est qu'ils savent que les détenus sont à leur merci, en plus dans des dossiers de terrorisme donc ils n'auront pas de problème. Et puis je crois qu'à Bruges il y a un petit problème de racisme aussi", affirme Sébastien Courtoy, avocat de plusieurs terroristes présumés.


"C'est vrai qu'à Bruges... certains faits nous ont été rapportés"

Nous avons contacté l’Observatoire international des prisons. Les responsables belges restent prudents, mais ils ont déjà eu connaissance de plaintes de ce genre. "L'Observatoire des prisons est très attentif à toutes les situations d'isolement, quelles qu'elles soient, dans n'importe quelle prison. Mais c'est vrai qu'à Bruges particulièrement, certains faits, et notamment des actes d'agents, des problèmes lors de fouilles, etc. nous ont été rapportés. Donc on est très attentif", confie Delphine Paci, co-présidente de la section belge de l'Observatoire international des prisons.


Le service public fédéral dit n'avoir reçu aucune plainte: pourquoi?

Contactée, la porte-parole du service public fédéral justice a réagi: "L’administration s’étonne de ne pas avoir reçu de plaintes concrètes. Si c’était le cas, elle prendrait les mesures nécessaires pour avoir un suivi de la situation".

Sur ce point, voici l'explication de maître Sébastien Courtoy: "Le détenu a peur, s'il dénonce le phénomène, qu'il va s'en prendre encore plus. Alors, ce que nous essayons d'obtenir, ce sont des transferts".

Quant à l'Observatoire des prisons, il ne tire pas de conclusions avant d’avoir collecter des informations complémentaires.

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