Un gardien sur deux en poste dans les prisons du pays au neuvième jour de la grève

(Belga) Les agents pénitentiaires wallons, flamands et bruxellois poursuivent mercredi le mouvement de protestation contre l'avant-projet de loi du ministre de la Justice Koen Geens, qui projette d'instaurer un service garanti dans les prisons en cas de grève prolongée. En Wallonie, la première région à exercer la grève tournante décidée hier/mardi par le front commun syndical, seuls 49% du personnel ont pris leur quart mercredi matin.

Après l'échec des discussions la veille avec le ministre Koen Geens (CD&V), la CSC Services public, son pendant flamand ACV Openbare diensten, la CGSP/ACOD, rejoints par le syndicat libéral SLFP, poursuivent leurs actions de protestation initiées le 19 juin. Ainsi, moins d'un gardien wallon sur deux était en poste mercredi matin (excepté Huy, pour laquelle les informations n'étaient pas disponibles), indique l'administration pénitentiaire. Avec 22,86 % de son personnel en charge de la surveillance des détenus absents, la prison d'Ittre est la plus touchée, avec celle de Marche-en-Famenne (28,95%). C'est à Jamioulx (89,19%) et à Nivelles (80%) que le mouvement a été le moins suivi au sud du pays. "Nos prisons font face à un manque de personnel depuis de nombreuses années, en dépit des promesses répétées des différents gouvernements", s'insurge la CGSP. "Le gouvernement Michel décide maintenant de vider le statut des agents pénitentiaires de sa substance" et "de bafouer le droit de grève du personnel pénitentiaire", a réagi mercredi le syndicat socialiste. Du côté flamand, et malgré le début de l'alternance des actions, 46,68% des gardiens se croisaient les bras. "C'est le premier jour de ce nouveau plan d'action, peut-être que tout le monde n'était pas encore au courant", commente Filip Dudal du syndicat chrétien ACV. Le fait que le mouvement soit bien suivi "montre la détermination du personnel", poursuit-il. Ypres, Beveren et Ruiselede étaient toutefois au complet, alors que près de 70% des agents pénitentiaires manquaient à Hasselt. La grève tournante "sera interrompue durant le week-end mais tout le monde reste cependant couvert ces jours-là (même les jours où c'est au tour d'une autre partie du pays)" de faire grève, a précisé l'ACV. À Bruxelles aussi le personnel a débrayé. Dans la prison pour femmes de Forest, seuls 35,71% du personnel étaient présents, contre 61,29% pour l'aile masculine. Près de 60% des agents pénitentiaires de Saint-Gilles étaient également absents. (Belga)

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