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La reine Mathilde à New York: "Il faut écouter les jeunes qui s'engagent" (photos)

La reine Mathilde à New York:
© Belga

"On ne peut plus attendre. Il faut vraiment écouter les jeunes qui s'engagent pour le développement durable et leur donner les moyens", a affirmé mercredi la reine Mathilde, dans un entretien à Belga en marge de l'assemblée générale de l'ONU à New York.

Cette semaine onusienne est marquée par deux "sommets dans le sommet": celui de l'action pour le climat et celui des 17 Objectifs du développement durable (ODD) adoptés en 2015 pour l'horizon 2030. En quatre jours de présence à New York, la reine Mathilde, qui est ambassadrice de l'ONU pour ces ODD, multiplie les rencontres de haut niveau et les visites de terrain, comme ce mercredi matin à la Columbia University, où elle a rencontré de jeunes étudiants, dont une dizaine de Belges.


 

"L'agenda 2030 des objectifs du développement durable est très ambitieux", reconnaît Mathilde. Elle insiste sur le message du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a appelé à accélérer la mise en œuvre des ODD. Tous les rapports s'accordent en effet à dire que les progrès réalisés sont insuffisants, selon l'ONU, qui réunit ce jeudi des dirigeants de gouvernements, d'entreprises et du secteur financier à New York pour un premier Dialogue de haut niveau sur le financement du développement.

"Il y a une urgence de l'action. Les jeunes sont de plus en plus conscients des défis du développement durable. Il faut leur donner les moyens de s'engager, à travers une éducation de qualité. Dans mes visites de terrain, comme au Mozambique encore récemment, je le remarque: l'accessibilité à l'éducation de base est en nette amélioration, mais pour l'éducation secondaire de qualité, son accessibilité, il y a encore beaucoup à faire, au bénéfice des plus vulnérables".



Les enfants touchés par les conflits armés

Parmi les sujets qui lui tiennent le plus à cœur, la reine évoque les enfants touchés par les conflits armés. Non seulement les enfants-soldats, mais aussi ceux confrontés à d'autres traumatismes de la guerre. "Au Kenya, il y a quelques mois, j'ai vu des enfants de 4, 5, 6 ans, arrivés seuls sans famille dans un camp de réfugiés, visiblement traumatisés dans leur comportement et leurs habitudes. Comment leur offrir une éducation de qualité s'ils sont traumatisés ? Il faut d'abord réinvestir dans la réhabilitation mentale de ces jeunes. La santé mentale ne doit pas être la face oubliée des objectifs de développement durable".

Une préoccupation, reconnaît la Reine, qui est dans la continuité de ses études universitaires en psychologie. "Je remarque beaucoup de stigmatisation et de tabou par rapport aux problèmes de santé mentale, dans les pays en voie de développement mais aussi chez nous. Je m'engage à en parler et à briser ce silence, parce qu'il y a énormément de victimes invisibles, sans voix. Il faut donner une place dans notre société à vulnérabilité".


 

La Reine ne cache pas son admiration pour des personnes qui ont vécu de lourds traumatismes et les transforment en un engagement positif. Elle cite la prix Nobel de la Paix Nadia Murad, jeune militante irakienne des droits humains qui a fait partie des milliers de femmes et de filles yazidies enlevées et réduites à l'esclavage par le groupe EI lorsqu'il s'est emparé de pans entiers de l'Irak en 2014. "Souvent, je reviens avec ces récits à la maison, et j'en parle à mes enfants. La résilience de ces personnes est une leçon de vie pour nous."

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