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Ces employés travaillent dans un frigo: "Quand on prend une pause, on est soumis à un écart de 53 degrés!" (vidéo)

Si la plupart des travailleurs souffrent de la chaleur. A l’inverse, certains travaillent dans le froid. On pourrait s’imaginer que c’est agréable ces jours-ci, mais pas du tout. Passer de 30 à -20 degrés est particulièrement compliqué à gérer. Reportage dans une chocolaterie de Gosselies avec Julien Crète et Sylvain Winance.

La température à l’extérieur du bâtiment est de 33 degrés. Mais pour entrer sur son lieu de travail, Michael doit s’équiper d’accessoires plutôt inhabituels en période de canicule. Il détaille: "un sous-pull, un t-shirt en été, et un pull en hiver, un polar et puis une veste adaptée au congélateur. Des gants, un bonnet et le tour de cou."

Dès son entrée dans l’entrepôt, l’environnement de Michael change radicalement. Ici, -20 degrés. Dans les allées, son travail commence, de la manutention en milieu plutôt délicat. "La première année est assez difficile, raconte-t-il. Mais avec le temps, notre corps s’adapte et régule assez bien la température." Notre journaliste lui demande quand même si c’est vraiment une chance de travailler au frais en cette période… Réponse: "On pourrait le croire, parce que quand on est dehors et qu’il fait très chaud, on est bien content de rentrer dedans. Malheureusement, le froid prend rapidement le dessus sur notre corps, et on est quand même aussi content d’en sortir."

Pour ces travailleurs de l’extrême, les pauses signifient des écarts de températures de 53 degrés. La cigarette se fume avec le bonnet sur la tête dans des conditions plutôt compliquées. Steeve travaille lui aussi dans les congélateurs de la chocolaterie, il compare avec les mois plus frais: "En hiver, c’est beaucoup plus facile comme il fait plus ou moins les mêmes températures, on n’a pas trop de mal de s’habituer à la chaleur. Quand on sort, la pause est meilleure." Mais pas le temps de bronzer en été. "On va y retourner tout de suite parce que rester trop longtemps dehors après ça ne nous va pas."

Picotements et mal de tête

Durant leur journée de travail, ces hommes profiteront de trois pauses obligatoires de 10 minutes, une prouesse sur une journée de 8 heures. Notre journaliste, Julien Crète a tenté le défi de rester dans les congélateurs en tenue normale. "Habillé dans cette tenue estivale, je ne pourrai pas rester plus que deux ou trois minutes dans ce frigo à -20 degrés. Les premières sensations, c’est un picotement dans les narines, picotement dans les oreilles et un mal de tête qui commence tout doucement."

Ces travailleurs, contrairement aux idées reçues, ne sont pas plus souvent malades que leurs confrères de l’extérieur, selon les responsables de l’entreprise. Si la canicule se poursuit, ces travailleurs du froid profiteront eux-aussi d’aménagements d’horaires.

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