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Pénurie d’étudiants infirmiers: les jeunes désertent les bancs des écoles, les services hospitaliers en souffrance

Pénurie d’étudiants infirmiers: les jeunes désertent les bancs des écoles, les services hospitaliers en souffrance
 
 

On compte de moins en moins d'étudiants inscrits en soins infirmiers. Or, les besoins en travailleurs pourraient à l’avenir augmenter au vu du vieillissement de la population et du contexte de crise sanitaire apparu en 2020.

Chaque année, près de 2.500 offres d'emploi sont disponibles dans le secteur. Un nombre qui ne fait qu’accroitre. Selon le Forem, les établissements situés dans la province de Hainaut (et de Liège, dans une moindre proportion) proposent le plus grand nombre d’opportunités.

Mais dans les écoles en soins infirmiers, les chiffres ne suivent pas. Dans la haute école De Vinci à Bruxelles, 400 étudiants sont inscrits en première année: c’est 10% de moins que l’an dernier.

Même constat au GD du Luxembourg: en 5 ans, une baisse de 30% a été notée. Une décroissance qui se répète quasi chaque année depuis 2016. Et parmi les étudiants de cette école, désormais, seuls 30% des infirmiers sont Luxembourgeois. Les autres viennent de France ou ce Belgique. 

Une mauvaise image 

Mais qu’est-ce qui justifie cette forte diminution ? Selon Sophie Breedstraet, directrice du secteur santé à la Haute Ecole Léonard de Vinci, l'explication proviendrait d’un manque de communication et d’une mauvaise image généralisée du métier, qui effraierait qui effraie les étudiants: "Le métier est souvent annoncé comme lourd avec peu de reconnaissance autant sur le plan académique que financier."

Léa, 21 ans, étudiante en deuxième année en soins infirmiers confirme: "Tout augmente mais le salaire, lui, n’augmente pas", regrette Léa. Mais les obstacles ne se résument pas qu’à la paie… "Tu te réveilles à 5h du matin, tu travailles de 7 à 15h, puis tu as les nuits, les soirs… à la fin ça fait tout de même beaucoup", détaille la jeune femme. "Pour avoir une vie sociale à côté c’est quand même un peu compliqué."

Salomé, 22 ans, est en 5ème année de soins infirmiers. Elle aussi partage ce pessimisme sur le métier. Elle qui a choisi ses études par vocation a déjà songé plusieurs fois à arrêter. "C'est un métier qui n'est pas assez valorisé au niveau salarial et au niveau des relations avec les médecins", se désole-t-elle. "On est un peu le bas de l'échelle, on n'est pas toujours très représenté par rapport à notre savoir, on doit toujours se battre pour mettre en place certaines choses..." 

"On espère revenir à l'équilibre"

Au GD Du Luxembourg, mêmes constats. Conséquences dans les deux écoles: la fermeture de certains services hospitaliers pour cause de pénurie de personnel… "On diminue les quotas d’infirmiers par endroit car moins de personnels formés et bien formés, ça fait un moins bon accompagnement des soins", éclaire Sophie Breedstraet. "Le tout n’est pas d’avoir un traitement, il faut aussi pouvoir le poser, le tout n’est pas d’avoir une intervention chirurgicale, il faut aussi avoir le suivi derrière. Il n'y a pas que le geste médical, il y a tout l’accompagnement derrière."

Pour pallier ce manque, au GD du Luxembourg comme à Bruxelles, on part en campagne pour motiver les jeunes. « On espère revenir à l’équilibre… » Les inscriptions dans l’école de la capitale sont toujours possibles.


 

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