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"Dans son discours, elle glisse à nouveau la date du 3 mai", analyse du discours de Sophie Wilmès

 
CORONAVIRUS

La Première ministre, Sophie Wilmès, s'est adressée aux Belges dans un message vidéo d'une petite dizaine de minutes dimanche. Notre journaliste politique Antonio Solimando s'est penché sur ce discours. Pourquoi la première Ministre a-t-elle décidé de s'exprimer hier soir sur le coup de 19h ?

Antonio Solimando: Pourquoi maintenant? D'abord parce nous sommes début des vacances de Pâques. A un moment où l'on prévoit 6 jours de beau temps. Et qu'on a annoncé hier, que plus de Belges sont sortis de l'hôpital que de personnes qui n'y sont rentrées. Triple tentation de ne plus respecter scrupuleusement le confinement. Le premier message de Sophie Wilmès, c'était donc un appel à ne pas relâcher les précautions, et continuer à éviter les interactions physiques.

Deux. Sophie Wilmès a tenu ce message maintenant, pour préparer la population à une possible prolongation de ce confinement. Dans son discours, elle glisse à nouveau la date du 3 mai un peu comme pour préparer le terrain.

Trois, on a beaucoup comparé Sophie Wilmès à un capitaine de bateau dans la tempête, depuis le début de cette crise. Il se trouve que depuis plusieurs jours, plusieurs de ses lieutenants sont très contestés, Maggie De Block, Philippe De Backer, sur la gestion des masques, sur le nombre de tests disponibles. Pour apaiser le début de colère sur le navire, le capitaine est donc sorti sur le pont, hier soir. Pour réexpliquer son cap.

Sa ligne, c'est d'expliquer que la Belgique n'est pas seule à être confrontée à ces pénuries de matériel. Tous les gouvernements du monde le sont aussi.

Ce message, très formel, très solennel, c'est une première? On était habitué jusqu'à présent aux conférences de presse ou aux interviews.  Pourquoi Sophie Wilmès choisit-elle ce moyen pour communiquer ?

Antonio Solimando: "Officiellement, parce que la Première Ministre a reçu énormément de courrier, d'interpellations de citoyens, inquiets ou en colère. Et qu'elle souhaitait leur répondre, d'une façon générale. Mais dans les faits. On sait qu'à peu près toutes les rédactions du pays sollicitent, Sophie Wilmès, pour le moment, pour qu'elle accorde des interviews. RTLINFO n'y fait pas exception. Or faire le tour des médias, c'est 'perdre' 2 à 3 jours. Et dans le contexte actuel, la nécessité de prises de décisions rapides, la cheffe de gouvernement n'a pas ce temps.

Le message enregistré, sans journaliste donc sans contradicteur, permet aussi d'aborder la gestion du matériel médical, sans devoir entrer dans les détails. Alors que les masques, et les tests, c'est LA source de préoccupation actuelle, de l'opinion."

 

 

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