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"Honte" des éditorialistes face au "racisme débridé en Belgique"

(Belga) "En 48 heures, la Belgique s'est réveillée en découvrant les propos racistes assumés et revendiqués par une partie (infime) de la population", observe dans l'édito de L'Avenir Philippe Lawson, en référence au coup de gueule de la présentatrice météo à la RTBF Cécile Djunga victime de racisme et aux révélations de la VRT sur les contenus racistes, sexistes, homophobes, antisémites et pro-nazis échangés au sein du groupe d'ultra-droite flamand Schild & Vrienden.

"Les deux principales communautés du royaume sont secouées en même temps par des propos qui font honte", poursuit le directeur des rédactions des Editions de l'Avenir, qui, comme d'autres éditorialistes belges francophones, invite à miser entre autres sur "l'éducation pour lutter contre l'ignorance". "C'est la honte qui s'est emparée de nous suite au message vidéo de Cécile Djunga", mais aussi "la peur (...) à la vue de ces jeunes hommes éduqués, issus de milieux privilégiés, insérés dans leur université, qui revêtaient soudain les costumes des extrêmes du passé le plus sombre", résume Béatrice Delvaux dans Le Soir. "L'appel à l'aide de Cécile Djunga et le reportage de la VRT sont clairs : il y a un grand danger à l'œuvre et il y a urgence à le contrer", en déduit-elle en première page du quotidien, imprimée vendredi sur fond noir pour marquer le propos. "Les deux événements se répondent pour souligner une nouvelle fois combien le racisme est débridé en Belgique", déplore Frédéric Rohart dans L'Echo. Dans le royaume, "l'affirmation identitaire, nationaliste, régionaliste, connaît un franc succès et déteint jusque dans la couleur des feux rouges. (...) Et si on la laisse faire, à la fin, elle tue", met-il en garde. "Tant que les bons gros rires gras ou les silences gênés constitueront, en toute impunité, le seul écho à l'abject, on aura perdu la bataille", indique pour sa part Christian Carpentier, dans l'édito des titres Sudpresse. De son côté, Jean-Marc Ghéraille estime dans la Dernière Heure que le "coup de gueule" de Cécile Djunga a "eu le don de réveiller tout le monde". "En pointant les multiples remarques racistes dont elle a fait l'objet, elle a ranimé le débat de cette discrimination ordinaire qui tend à se banaliser. Si la condamnation sauf judiciaire, est unanime, de Monsieur Tout-le-Monde aux hommes politiques, elle ne débouchera sans doute pas sur une solution et/ou l'éradication du phénomène." Mme. Delvaux, toujours dans Le Soir, appelle donc à la "tolérance zéro de notre part aussi, au quotidien, au boulot, en famille". Elle pointe d'ailleurs "un défaut structurel dans l'éducation et l'enseignement qui n'arrivent toujours pas à apprendre et valoriser la diversité dans la société et la connaissance de l'autre". Un constat que dresse aussi Francis Van de Woestyne, dans La Libre Belgique. Il admet que "nous sommes tous capables, par faiblesse, par facilité, d'avoir une réaction raciste", mais "c'est par l'éducation que les mentalités peuvent évoluer", encourage-t-il. "C'est à l'école qu'il faut apprendre que nous descendons tous de la même mère. Et que la beauté et la force d'un pays, c'est sa diversité". L'éducation est la clé "pour lutter contre l'ignorance, car les actes de racisme sont la conséquence d'une méconnaissance de l'histoire", assure aussi M. Lawson. Qui pointe en outre "la responsabilité des politiques dans la libération de la parole et des actes racistes". "Beaucoup d'entre eux empruntent aujourd'hui des termes autrefois réservés à la rhétorique de l'extrême droite. L'extrême gauche aussi s'y risque. Le phénomène a contaminé l'Allemagne, la France, l'Italie, etc. La Belgique n'est pas en reste. Pourquoi s'étonner alors que le citoyen assume à visage découvert ses vilenies racistes? ", conclut-il. (Belga)

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