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"La politique migratoire européenne est inhumaine": Theo Francken dénonce dans un ouvrage choc

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken a présenté vendredi, dans une salle du Parlement européen à Bruxelles, un ouvrage dans lequel il dénonce le laxisme et l'impuissance de la politique européenne dans ces deux domaines et expose ses solutions, souverainistes et marquées du sceau de la fermeté.

Sous les yeux de nombreux mandataires et sympathisants de la N-VA convoqués pour l'occasion, au premier rang desquels le président de son parti Bart De Wever, M. Francken a répété ses faveurs envers le modèle australien, réputé inflexible envers la migration clandestine. Il réévoque notamment sa volonté de nouer un traité avec des pays comme la Tunisie pour y refouler (push-backs) des bateaux de migrants, une solution jugée par la Commission européenne contraire à la Convention de Genève. Mais "pour changer notre politique migratoire, il faut oser agir en dehors de la législation européenne existante", affirme M. Francken dans son livre. Il plaide aussi pour rendre aux Etats membres la souveraineté de la législation sur le regroupement familial, afin de leur permettre d'édicter, sur le modèle danois, des conditions plus strictes que celles fixées par l'Union européenne.


La politique migratoire européenne "inhumaine"

Son modèle migratoire passe également par l'immigration choisie sur base des besoins économiques de l'Etat d'accueil. Il vise cette fois la directive européenne "carte bleue", un accès au territoire sous condition de disposer d'un contrat de travail. La division des Etats membres à ce sujet bloque le système, ce à quoi le nationaliste répond encore par un retour de cette matière communautaire sous la souveraineté nationale. Il prend cette fois pour modèle le Canada.

A ses yeux, c'est bien l'actuelle politique migratoire européenne qui s'avère "inhumaine", en ce qu'elle favoriserait les noyades en Méditerranée, n'attirerait que des migrants jeunes et solides et enrichirait les trafiquants d'êtres humains. S'il se félicite de voir les vues des dirigeants européens évoluer ces derniers mois vers des positions qui lui paraissent plus proches des siennes, comme ce fut le cas lors du sommet de Bruxelles en juin dernier avec le projet de plateformes de débarquement, il doit bien constater que la mise en oeuvre de tels accords reste tout sauf évidente.


"L'Europe est menacée"

Theo Francken s'en prend alors aux europhobes tels que le UKIP britannique de Nigel Farage qu'il accuse de profiter de ces blocages pour saper le modèle européen. Et le secrétaire d'Etat de se dresser... pour l'Europe. "L'Europe est menacée, mais je ne suis pas pessimiste. Elle peut surmonter cette crise, en agissant rapidement de manière unanime, concentrée et efficace. Mon livre est un point de départ pour cette discussion", estime-t-il. "Je voudrais qu'on arrête de débattre de qui va dormir où dans la maison européenne", lance-t-il à propos de l'incapacité des Etats membres à se mettre d'accord sur le partage de l'accueil des réfugiés. "Qu'on ferme d'abord la porte, il faut d'abord une solution à la protection de nos frontières! "

Pour faciliter le renvoi des migrants déboutés vers leur pays d'origine, le secrétaire d'Etat ne veut plus que les pays d'Europe se contentent d'accords de retour en échange d'aide au développement. Il propose de menacer les pays qui ne coopèrent pas d'un relèvement des tarifs douaniers, voire d'un boycott économique, de couper les fonds européens au développement ou encore de taxer les transferts d'argent que les personnes immigrées envoient à leur famille restée au pays.

Son ouvrage "Theo Francken, Continent sans frontières" (éditions Jourdan) prétend ainsi expliquer au lecteur "tout ce que vous devez savoir sur la crise migratoire". Il est publié en néerlandais et en français, à quelques semaines des élections locales et à quelques mois des élections régionales, fédérales et européennes.

Délaissant quelque peu les querelles communautaires intrabelges, la N-VA a fait l'an dernier de l'économie, de la sécurité et de l'identité les trois piliers de ses campagnes électorales à venir.

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