"Les petits exploitants doivent reprendre la main sur le marché de la viande", selon le ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme

  • "Les petits exploitants doivent reprendre la main sur le marché de la viande"

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Fin de la semaine dernière un scandale éclatait au grand jour au sein de l'entreprise Véviba, leader de la distribution de viande bovine auprès de la GMS (grandes et moyennes surfaces) sur le marché belge. Un rapport de l'AFSCA ( Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire) faisait état de "matériel" impropre à la consommation (plaies saignées et queues) dans des produits destinés à la consommation humaine, de manquements dans l'étiquetage et même de produits congelés depuis 2001. Un contrôle qui faisait suite à une plainte déposée en 2016 par les autorités kosovares.

"Pourquoi aura-t-il fallu au juge d'instruction plus d'un an et demi pour réaliser une perquisition compte tenu de l'information en lien avec la tentative d'exportation de viande avariée au Kosovo?" C'est l'une des questions qui restent sans réponse à l'issue d'un échange qui a eu lieu ce lundi à la Chambre sur le scandale Véviba. Le ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme, a demandé un rapport à l'Agence Fédérale de la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) sur la façon le dossier a été géré.


Ce matin, Denis Ducarme, était l'invité politique de la rédaction de Bel RTL ce matin. Il répondait aux questions de notre journaliste Martin Buxant et n'a évoqué que ce scandale alimentaire. Ces mots sont sans appel: "C'est parfaitement scandaleux. Vous avez une entreprise Véviba qui tente d'exporter de la viande avariée au Kosovo. Vous avez une compagnie, qui réintègre du déchet animal impropre à la consommation humaine dans la chaîne de consommation humaine. Il est évident que nous sommes face à une fraude d'ampleur, face à des tricheurs, face à ce que j'ai appelé des pratiques mafieuses parce que l'objectif est tout simplement de faire rentrer plus d'argent dans la caisse quitte à prendre des risques sanitaires pour les consommateurs."

Et de s'indigner sur les résultats fournis par les premiers rapports: "L'objectif de Véviba était d'écouler un maximum de produits, même s'ils étaient impropres à la consommation ! 70% de la viande était inconsommable à Bastogne... 70%!"

Qu'a fait l'AFSCA?


"L'AFSCA n'a pas rempli le contrat. Dans ce cadre-là, j'ai demandé un audit externe. Pourquoi le système a failli? Pourquoi n'a-t-on pas pointé ce problème?", s'interroge ce matin le ministre de l'Agriculture.

"Si nous voulons assurer au consommateur belge un droit à avoir accès à une alimentation saine et conforme, nous devons élever notre niveau de sécurité alimentaire", exige le ministre de l'Agriculture, sur nos antennes.

"Ne pas réduire la filière viande belge au scandale Véviba"

Mais il tient quand même à nuancer ce scandale et à ne pas mettre tout le monde dans le même sac: "Il y a un élément qu'il faut souligner: il ne faut pas réduire l'ensemble de la filière "viande", l'ensemble de nos éleveurs, l'ensemble de l'industrie alimentaire à Véviba."

"Il y a des produits de qualité dans ce pays, il y a des gens honnêtes dans la filière viande et je travaille avec eux et on va produire avec eux un certain nombre de propositions autour de nouvelles pratiques. Il s'agit de considérer une réalité: en face, il y a des tricheurs, en face il y a des fraudeurs. Et bien, il faut naturellement être encore plus strict par rapport à eux", promet le ministre.


Le boucher du coin qui travaille avec l'éleveur local, un gage de qualité selon le Ministre

Denis Ducarme veut faire passer un message en particulier. Il veut soutenir le circuit court, "le petit petit boucher artisanal. Je veux soutenir l'éleveur qui travaille directement avec le boucher. Je pense qu'il y a un gage de qualité. Cela n'enlève rien naturellement à la qualité de la grande distribution, mais je pense, en effet, et cela fera l'objet de discussions que les petits exploitants, ceux qui font ce métier autour de la filière viande doivent reprendre la main sur l'ensemble du système".

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