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Restructuration chez Carrefour: "Des plans de licenciements non pas pour sauver l'entreprise mais pour gagner plus"

  • Selon le PTB, Carrefour n

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Germain Mugemangango, le porte-parole francophone du PTB était l'invité politique de la rédaction de BEL RTL ce matin. Il répondait aux questions de notre journaliste Martin Buxant.

Martin Buxant: Vous venez nous voir parce qu'il y a un dossier brûlant cette semaine en Belgique dans l'actualité. C'est celui de la chaîne des supermarchés Carrefour. En Belgique, cela représente quoi Carrefour?

Germain Mugemangango: Carrefour, c'est 11.500 personnes. C'est donc beaucoup de travailleurs qui ont déjà été confrontés à un plan de restructuration en 2010 où ils ont perdu près de 1.500 emplois. On estime que les travailleurs en Belgique ont déjà fait pas mal d'efforts.

Martin Buxant: Peut-on espérer que les emplois en Belgique soient préservés parce qu'il y a déjà eu des licenciements en 2010?

Germain Mugemangango: Nous n'avons pas d'information précise sur ce qu'il va se passer en Belgique. Il y a un petit peu une culture du secret, du flou qui est maintenant entretenue. Beaucoup de rumeurs circulent. Mais le premier élément, c'est qu'on sait que le PDG de Carrefour, il n'est pas content des performances en Belgique. Il a déjà eu l'occasion de le dire et cela veut dire qu'il y a effectivement un danger, une épée de Damoclès qui pèse finalement sur le groupe en Belgique. Mais par ailleurs, en 2010, ils ont déjà fait une sérieuse saignée. Maintenant, rien ne dit qu'ils vont s'arrêter là.

Martin Buxant: Vous avez analysé l'entreprise Carrefour. Elle prétend qu'elle est en grande difficulté. Est-ce que c'est exact?

Germain Mugemangango: C'est faux, évidemment. C'est en fait une entreprise qui est bénéficiaire. Maintenant, on est de plus en plus face à des multinationales qui mettent en place des plans de licenciements et de restructuration, non pas finalement pour sauver l'entreprise mais pour gagner un peu plus. Carrefour, par exemple, c'est un trésor de guerre de 8,5 milliards d'euros, au niveau du groupe et au niveau des bénéfices en 2016, ils ont fait 1,3 milliard. Donc, ce n'est pas rien. C'est une entreprise qui est bénéficiaire et qui distribue des centaines de millions de dividendes.

Martin Buxant: ça c'est pour le monde, mais est-ce qu'en Belgique, ils ont réalisé des bénéfices également?

Germain Mugemangango: Oui, également, puisqu'ils ont fait un bénéfice de 65 millions d'euros et donc c'est à remarquer que sur ces 65 millions d'euros, 50 millions d'euros ont été distribués en dividendes, donc aux actionnaires. On parle de plus en plus de coût du travail. En fait, on devrait parler du coût du capital, parce que ces 50 millions auraient pu rester en Belgique pour soutenir l'emploi et pour soutenir l'entreprise.

Martin Buxant: Donc qu'est ce que vous proposez? Une entreprise qui réalise des bénéfices. Vous proposez d'interdire tous les licenciements?

Germain Mugemangango: Tout à fait. Pour nous, c'est clair. Les entreprises qui font des bénéfices ou qui distribuent des dividendes ne doivent pas pouvoir licencier et détruire des emplois. Et d'ailleurs on a introduit une proposition de loi dans ce sens en février 2017, qui est maintenant dans le pipe-line législatif, et donc on voudrait effectivement à un moment donné mettre fin à cette pratique qui consiste non pas à sauver des boîtes mais qui consiste surtout à fournir des bénéfices de plus en plus importants ou des dividendes de plus en plus importants au détriment des emplois.

Martin Buxant: Et comment on interdit à des patrons de licencier?

Germain Mugemangango: Cela se passe par une loi bien sûr. Heureusement, l'activité économique dans notre pays est réglementée et donc on voudrait une loi qui interdit cette pratique-là.


 




 

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