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Amnesty rebaptise provisoirement la place de la Monnaie "place des Droits humains"

(Belga) Amnesty International a rebaptisé lundi, et pour deux semaines, la place de la Monnaie de Bruxelles "place des Droits humains" afin de conscientiser les citoyens sur la place essentielle qu'occupent ces droits fondamentaux dans leur vie quotidienne. Cela à l'occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

La Quinzaine de la Solidarité internationale, organisée par la Ville de Bruxelles, a été inaugurée lundi soir lors d'une soirée d'ouverture à l'Hôtel de ville. Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International, y a rappelé l'importance et l'enjeu de célébrer les droits fondamentaux au vu du peu de connaissance qu'en ont les Belges. D'après une enquête d'Amnesty datant de septembre dernier effectuée auprès de plus de 1.000 francophones, 55% des sondés ne connaissaient pas le contenu de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et plus d'un tiers des 18-34 n'en avaient même jamais entendu parler. "Mieux connaître les droits fondamentaux permet de mieux les défendre car, dans la pratique, on n'hésite plus à les remettre en cause et ce de plus en plus près de chez nous. Que ce soit en Pologne ou en Hongrie ou à travers la politique migratoire menée en Belgique", constate Philippe Hensmans. "Ici et ailleurs, il y a de quoi être inquiets. La situation en Lybie et en Syrie demeure alarmante. Après le coup d'Etat manqué en Turquie, 100.000 personnes ont été inculpées, dont la moitié sont incarcérées. Des massacres abominables continuent à être commis au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo", énumère encore le directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. "D'autre part, il y a actuellement des pratiques émanant d'entreprises privées qui menacent nos droits et ne sont pas prises en compte par les gouvernements. Je pense notamment au recours à l'intelligence artificielle pour la reconnaissance faciale, à l'internet des objets et aux informations que nous donnons aux big datas", liste-t-il. Il existe par exemple des programmes qui signalent aux utilisateurs ce qu'il manque dans leurs frigos et effectuent des commandes de ces aliments manquants, illustre Philippe Hensmans. "Qu'est-ce qui nous garantit actuellement que ces programmes ne signalent pas à l'assurance santé privée de l'utilisateur que ce dernier consomme trop de beurre et pas assez de légumes ? Nous n'avons aucun contrôle sur ces données", relève-t-il. Alexandre Lahvinets, un défenseur des droits humains biélorusse, a ensuite livré un témoignage sur l'exercice de la politique dans un contexte totalitaire. Enfin, des extraits de projets réalisés par les élèves de la Ville de Bruxelles dans le cadre de la campagne 'La Déclaration universelle des Droits de l'Homme, tout un programme !' ont été montrés. Ceux-ci ont eu lieu à l'initiative de l'Association pour les Nations Unies, une ASBL dont l'objectif est de développer chez les jeunes un sentiment de citoyenneté en les associant à la Déclaration universelle des droits de l'Homme. (Belga)

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