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Avec moins de ministres, va-t-on faire des économies? La réponse d’un politologue

  • Gouvernement remanié: analyse du politologue Dave Sinardet

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Dave Sinardet, politologue à l'université flamande VUB, était l’invité du RTL INFO 13H. Il répondait aux questions d’Alix Battard et apportait son éclairage à la situation politique actuelle.

Comment interpréter la déclaration de Jan Jambon, faisant porter le chapeau aux autres partis flamands de la coalition suédoise ? Pourquoi le coup de grâce serait-il venu de ces autres partis?

Quand on analyse la vie de ce gouvernement, depuis le début, il y avait des conflits fondamentaux entre les partis flamands et notamment entre le CD&V et la N-VA. Cela a d’ailleurs aussi créé beaucoup de conflits, cela a aussi fait que ce gouvernement finalement, même s’il avait un contexte très favorable dans lequel il pouvait travailler, n’a pas pu engranger un grand nombre de réformes. Il y a eu beaucoup de discussions, beaucoup de conflits, on n’avait jamais l’impression qu’il y avait beaucoup de cohésion dans ce gouvernement. C’est resté comme ça jusqu’à la fin.

Charles Michel a quand même essayé de garder le gouvernement en place, mais notamment chez le CD&V et l’Open Vld on était déjà plutôt dans une logique de séparation avec cette N-VA. Ils étaient aussi probablement un peu fatigués de toutes ces discussions et aussi du fait que la N-VA bloquait sur le pacte migratoire.

Nous sommes à six mois de la fin de cette législature. Est-ce normal d'avoir encore autant de dossiers sur la table ?

Ce n’est pas nécessairement anormal, peut-être certaines réformes n’ont pas pu se faire, notamment parfois à cause de blocages entre partis flamands. Par exemple, le fameux job deal a été décidé politiquement en été mais il doit encore être exécuté et être en partie voté au parlement. Ce n’est pas nécessairement illogique, certainement pas en Belgique, où on a un peu tendance à la procrastination. On attend toujours le dernier moment avant de vraiment réaliser des choses et prendre des décisions.

13 ministres au lieu de 18, va-t-on faire des économies ? Ou n’est-ce pas significatif ?

On va faire un peu d’économies dans le sens où il y aura moins de salaires de ministres et de secrétaires d’Etat à payer. Il y aura probablement aussi un tout petit moins de personnel de cabinet puisqu’il y a moins de ministre, en même temps il faut toujours du personnel pour les compétences qui étaient déjà exercées et qui seront toujours exercées. Donc ça montre qu’avec un gouvernement un peu rétréci, un peu moins large, on peut tout aussi bien gouverner la Belgique. Mais en même temps, cela ne va pas faire une économie énorme.


Est-ce vraiment constitutionnel d’avoir un gouvernement minoritaire sans passer par ce vote de méfiance ?

Ou sans passer par un vote de confiance… C’est tout un débat important. Selon la lettre de la Constitution, on peut dire qu’il n’y a pas vraiment de nouveau gouvernement. Dans le sens, où il y a toujours le même Premier ministre, il y a toujours le même accord de gouvernement et il n’y pas de nouveau membre du gouvernement non plus puisque ceux qui sont devenus ministres étaient déjà secrétaires d’état et n’ont donc pas dû prêter serment chez le roi.

Selon l’esprit de la Constitution, on peut déjà se poser un peu plus de questions puisque politiquement, c’est quand même un nouveau gouvernement puisque le plus grand parti a quitté le gouvernement.

En même temps, la Constitution ne connait même pas les partis politiques, alors que ce sont les acteurs centraux dans le système politique belge. Donc il y a aussi un certain fossé entre ce qu’il y a dans la Constitution et la réalité politique en Belgique.

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