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Bourgeons de printemps et premières chaleurs électorales

(Belga) Le début de la campagne électorale en vue des communales d'octobre et des élections générales de mai 2019 a fait monter la température d'un cran au sein de la majorité. Il a aussi secoué une opposition socialiste marrie des déclarations insultantes d'un de ses mandataires envers une adversaire locale.

La majorité avait réussi au milieu de la semaine à masquer ses divergences sur la dépénalisation de l'avortement. Un compromis au moins provisoire est intervenu pour inclure le sujet dans une réforme plus vaste du Code pénal, une façon, dénonce l'opposition, de noyer le poisson. Dans les jours qui ont suivi, la mésentente a pourtant gagné d'autres dossiers. La question de la confiance entre partenaires a même parfois été évoquée. Jeudi, à la Chambre, le ministre de la Justice, Koen Geens, a rappelé à la N-VA et à l'Open Vld les règles de la solidarité gouvernementale. A la suite d'un fait divers en Flandre, libéraux et nationalistes flamands ont publiquement désavoué une circulaire qu'il a prise pour endiguer la surpopulation carcérale en jouant sur les libérations anticipées et les congés pénitentiaires. C'est un compromis accepté par toutes les composantes de la majorité, a-t-il fait valoir, rappelant qu'il était contraint de prendre des mesures parce que la construction de deux prisons a pris un retard certain. Interrogé dimanche sur les plateaux de télévision, le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, n'a pourtant pas lâché l'os et a réclamé un débat au sein du gouvernement sur ce point. Mercredi, c'est le ministre MR François Bellot qui subissait l'ire de ses partenaires de la majorité, singulièrement le CD&V et la N-VA, en faisant siennes les conclusions d'une étude rejetant l'opportunité de mettre en place à brève échéance le permis à points revendiqué par la Flandre. Vendredi, c'est la question de la gestion des migrants sans papiers se trouvant en transit en Belgique qui a agité le Landerneau. Demandeuse d'une solution d'hébergement, la Région bruxelloise a présenté la facture au fédéral qu'elle estime compétent. "0 euro", a réagi le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), renvoyant la responsabilité aux communes et à la police locale. Il a été rejoint par le vice-premier ministre Open Vld Alexander De Croo qui lui a même emprunté sa phraséologie. "Si chacun balayait devant sa porte, toute la rue serait plus propre", a-t-il lancé. Mais de son côté, le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters s'est dit ouvert à une concertation. "Ce que j'ai compris, c'est que Bruxelles veut proposer une solution aux plus démunis", a-t-il indiqué. En soirée, c'est toutefois le président de la N-VA, Bart De Wever, qui a fait l'actualité. Les spéculations vont bon train sur l'avènement d'un gouvernement Michel II en 2019. Interrogé sur la VRT, M. De Wever n'a pourtant pas exclu de prendre le poste de premier ministre -la position de premier parti de Belgique lui offriait ce choix- si les partis de gauche devaient remporter les élections du côté francophone. Il se chargerait dans ce cas de piloter le basculement du pays dans un modèle confédéral. D'ordinaire discret voire muet devant les sorties du président nationaliste, le Premier ministre Charles Michel (MR) a réagi samedi. Il est "amusé" du soudain amour de M. De Wever pour la Belgique et l'a appelé ne pas brûler les étapes qui mèneront à la formation d'un nouveau gouvernement. Enfin, la semaine aura également été budgétaire. Le report de l'équilibre en 2020, acté le 20 avril, n'est pas du goût de tout le monde dans la majorité. La N-VA espère toujours qu'il sera possible d'y arriver en 2019, dernière année de la législature. Le président de la commission des Finances de la Chambre, Eric Van Rompuy (CD&V), gardien de l'orthodoxie budgétaire, s'en est pris quant à lui aux nationalistes. Avec leur stratégie de communication électorale, Theo Francken et la N-VA empêcheraient de prendre encore durant cette législature les décisions budgétaires qui s'imposent. "Elles nécessitent de la confiance, et elle n'est pas là", a-t-il observé. Mardi, c'était le 1er mai, l'occasion pour les socialistes de se lancer en vue des scrutins. Mais à Charleroi, le président de fédération, Eric Massin, a insulté publiquement une candidate MR. La polémique a pris le dessus et a contraint l'intéressé à la démission. (Belga)

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