Charles Michel va présenter des excuses historiques aux métis arrachés à leurs mères à la fin de la colonisation du Congo

Charles Michel va présenter des excuses historiques aux métis arrachés à leurs mères à la fin de la colonisation du Congo
© RTL INFO

Le mea culpa du gouvernement belge. Des excuses indédites, uniques, que le Premier ministre présentera ce jeudi pour la ségrégation dont les enfants métis ont été victimes à la fin de la colonisation du Congo.

Le Premier ministre Charles Michel formulera jeudi des excuses au sujet de la ségrégation dont ont été victimes les enfants métis arrachés à leurs mères noires à la fin de la colonisation du Congo. L'excuse porte sur les enfants nés dans les années '40 et '50 au Congo, Rwanda ou Burundi, issus d'une relation entre un colon belge et une femme autochtone.

En 1959, à la veille de l'indépendance du Congo, l'État belge a organisé l'envoi d'un grand nombre de ces enfants en Belgique où ils ont été mis sous tutelle, placés dans des homes ou encore adoptés par des familles belges.

 

Aujourd'hui, le destin tragique de ces enfants est reconnu. "C'est très important pour nous parce que, enfin, le gouvernement reconnaît que nous avons subi une sorte de ségrégation. Je ne dirais pas un apartheid, mais soft, de la part de l'état colonial. Je pense que la Belgique, en faisant ça, fait un devoir de mémoire", explique François Milliex, président de l'association "Métis de Belgique".


 

"Mon papa voulait nous mettre dans une école primaire belge. Et on lui a dit: 'Monsieur Milliex, vous rigolez ?'". Dès le début de sa vie au Rwanda, François Milliex s'est senti mis de côté, pas assez blanc pour les écoles belges, pas assez noir pour les écoles rwandaises. "Ça a été pour nous un calvaire" qui s'est poursuivi en Belgique, où on lui a donné puis retiré la nationalité belge.

 

 Les excuses du Premier ministre sont uniques. Récemment, des experts de l'ONU ont demandé que le gouvernement présente de telles excuses pour les atrocités commises au Congo, mais le Premier ministre Charles Michel n'a pas répondu.

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