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"C'est le CHAOS total, on ne sait pas dans quelle direction on va": quelles conséquences d'un "Brexit sans accord" sur l'économie belge?

Le comité ministériel restreint ("kern") du gouvernement en affaires courantes s'est réunie ce mercredi pour aborder la question du Brexit, au lendemain du rejet par le Parlement britannique de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE.

Le gouvernement démissionnaire se prépare au risque d'un "no deal" dans le cadre du Brexit. L'équipe Michel avait déjà passé en revue vendredi, au cours de sa réunion hebdomadaire, les dossiers sensibles. Les différents ministres avaient été chargés de finaliser les dispositions et réglementations qui devront s'appliquer si, à bref délai, la Belgique devient une frontière extérieure de l'Union européenne.

Les députés britanniques de la Chambre des communes ont rejeté mardi soir l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE, défendu par l'exécutif de la Première ministre Theresa May. Cette dernière a essuyé un revers particulièrement cinglant: 432 parlementaires ont voté contre ce texte, pour seulement 202 en faveur. Ce rejet augmente considérablement le risque d'un Brexit sans accord.


"Pour l’économie belge, c’est très dommage"

Le comité ministériel restreint ("kern") du gouvernement en affaires courantes s'est réunie ce mercredi pour aborder la question du Brexit, au lendemain du rejet par le Parlement britannique de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE. 

Au micro de nos journalistes Nathanaël Pauly et Guillaume Wils, Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique confie sa déception. "C’est très dommage. C’est surtout très dommage pour le Royaume-Uni parce que le pays ne sait pas dans quelle direction il doit aller. Pour l’économie belge, c’est aussi très dommage. C’est le chaos total, on ne sait pas dans quelle direction on va. C’est pour cela que l’on est ici, pour préparer l’avenir", a-t-il expliqué. 


"Les indépendants et dirigeants de PME vont devoir réagir"

Car rappelons-le, en cas de "no deal", les conséquences sur l'économie belge pourraient être importantes. "Selon une étude faite par la KUL, on risque de perdre 40.000 emplois et 2 % de croissance économique à terme. C’est non négligeable pour notre pays", a constaté Pieter Timmermans.

Pour le président de l'UCM Pierre-Frédéric Nyst, il est important de préparer cette éventuelle sortie sans accord afin de limiter son impact sur les entreprises belges. "C’est un choc bien évidemment. Les indépendants et dirigeants de PME vont devoir réagir. C’est l’objectif de la réunion d’aujourd’hui. C’est d’abord une information, savoir comment ça va se passer. Notre message est très clair: nous souhaitons que l’administration fiscale et les douanes aient un réel rôle de service public, c’est-à dire un service vis-à-vis des entreprises. Puisqu’on est tous dans la même galère, qu’il y ait ce service apporté aux entreprises, qu’il y ait des tolérances et qu’il n’y ait pas une administration véritablement opposée aux PME, qui sont peut-être les moins armées pour faire face à ce cataclysme", a-t-il souligné. 

De son côté, Alexander De Croo, ministre fédéral belge des Finances parle de réel "coup dur pour le Royaume-Uni". "L’incertitude devient plus grande à chaque fois. Ce qu’ils veulent n’est certainement pas très clair. Le Royaume-Uni ne voulait pas de cet accord. Ils ne veulent pas de plan B, pas de nouveau référendum. Ils ne veulent pas non plus rester dans l’Union Européenne. La question est: que veulent-ils? Cette incertitude a un impact potentiel énorme sur la Belgique, sur nos entreprises qui font beaucoup de commerce avec le Royaume-Uni et donc potentiellement aussi sur les emplois. On fait tout pour se préparer au pire. On voit que parmi les 25.000 entreprises belges qui font du commerce avec le Royaume-Uni, seulement 5.000 se sont déjà mises en ordre avec les formalités de douanes", affirme-t-il. 

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