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Coup de tonnerre: Joëlle Milquet, inculpée pour "prise illégale d'intérêt", démissionne

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La ministre francophone de l'Enseignement, Joëlle Milquet (cdH), vient d’être inculpée de "prise illégale d'intérêt" dans le dossier de certains emplois de son cabinet fédéral de l’Intérieur et de l’Egalité des chances en 2014. Alors qu'elle donnait ce matin une conférence de presse pour faire le point sur la procédure judiciaire à son encontre, elle a annoncé qu'elle remettait son mandat.

C'est entourée de ses avocats que Joëlle Milquet a annoncé avoir été inculpée en fin de semaine dernière, et l'avoir appris à son retour de vacances. Elle s'est défendue, stipulant qu'il s'agit d'une interprétation inédite, large et erronée de l'article 245 code pénal. Cette inculpation se fonde en effet sur cet article qui incrimine la prise illégale d'intérêt. "Il ne s'agit pas d'emplois fictifs. (...) Je n'ai rien à me reprocher", a-t-elle déclaré, dénonçant une chasse aux sorcières: "A l'origine de ce dossier, il y a une attaque politique malveillante, une claire intention de nuire. (...) La vision préconçue du conseiller-instructeur n'a jamais évolué. (...) Au travers de mon cas, ce sont tous les cabinets ministériels qui voient leur fonctionnement mis en cause."

"Malgré le fait que cette inculpation soit infondée, je décide bien évidemment de remettre mon mandat ministériel à la disposition du parlement.
 (...) Je pose un acte noble. (...) Cette inculpation n'est pas juste mais je sais prendre mes responsabilités", a-t-elle terminé.



Elle aurait engagé des collaborateurs à son cabinet fédéral en vue de faire campagne pour elle à Bruxelles pour les élections suivantes

Le 16 février dernier, la ministre avait été longuement auditionnée par le conseiller-instructeur Frédéric Lugentz. Ce qui lui est reproché ? En 2014, à 6 mois des élections, alors qu’elle était ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances au sein du gouvernement Di Rupo, au moins 8 nouveaux collaborateurs ont été engagés par son cabinet.

Ils étaient tous bruxellois et impliqués dans la politique au niveau local dans plusieurs communes de Bruxelles, puisqu’ayant figuré sur les listes aux communales de 2012. A l’époque, Le Vif/L’Express avait dénoncé l’affaire en découvrant que les profils de leurs fonctions reprenaient des tâches à remplir pour la campagne électorale personnelle de la ministre, et non pour le fonctionnement du cabinet.

"Leur recrutement à six mois des élections et la similarité de leur profil bruxellois et politique est, pour le moins, interpellant. Selon nos sources, ces collaborateurs sont chargés d'organiser ou de repérer, d'ici au 25 mai, des événements où la candidate pourrait rencontrer un maximum d'électeurs potentiels" dans des communes comme Molenbeek, Anderlecht, Saint-Josse-ten-Noode, Bruxelles-Ville, écrivait le magazine. Il avait cité et publié le fac-similé de documents éloquents décrivant le "profil de fonction" pour la campagne électorale de Mme Milquet de plusieurs collaborateurs ou conseillers du cabinet. "Chacun de ces profils comporte une série de tâches à réaliser ou de fonctions à remplir pour la préparation du scrutin du 25 mai. Sur chaque profil est indiqué ostensiblement: 'A faire en dehors des heures de travail et les jours de congé'", ajoutait 'Le Vif' en rappelant que les règles légales concernant les dépenses électorales sont strictes en Belgique.

Suite à ces informations, une instruction avait été ouverte en janvier 2015. Des perquisitions ont eu lieu au cabinet de l’Enseigment francophone, à celui de l’Intérieur, au domicile des collaborateurs suspectés et au siège du cdH.

Son inculpation est un fait rare en politique.

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