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Crise gouvernementale: quarante-huit heures cruciales avant un départ pour Marrakech

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Le Premier ministre Charles Michel a confirmé jeudi soir à la Chambre qu'il prendra l'avion pour Marrakech dimanche soir. Le pacte de l'Onu sur les migrations doit y être approuvé lors d'un Sommet organisé lundi et mardi en vue de sa validation dix jours plus tard à l'assemblée générale des Nations-Unies à New York.

Le gouvernement organisera, à la demande de la N-VA, une réunion en conseil des ministres et en conseil des ministres restreint d'ici au départ du Premier ministre dimanche soir pour Marrakech. Après avoir annoncé le 27 septembre à New York que la Belgique approuverait le pacte à Marrakech, M. Michel a indiqué jeudi à la Chambre qu'il se rendra à Marrakech, "obligé à titre personnel" par le parlement.

La N-VA, seul contre tous

Au parlement, une résolution demande depuis jeudi soir au gouvernement fédéral d'approuver le pacte migratoire. Le processus d'approbation a été mené par la Belgique durant deux ans au niveau international et intra-belge. Confortés par la résolution parlementaire, les libéraux et le CD&V estiment dès lors que le Premier ministre peut signifier cette approbation à Marrakech, puis à New York. Mais depuis un mois, et la défection d'un certain nombre d'Etats, la N-VA mène campagne contre le pacte. Elle souligne qu'il n'existe pas de consensus au sein du gouvernement pour approuver le pacte. Elle entend le faire constater par le conseil des ministres et le conseil des ministres restreint ce week-end.

"Il doit dire quelque chose"

Vendredi matin, exigeant que le gouvernement se réunisse, le vice-premier ministre Jan Jambon a répété que la Belgique ne pouvait approuver le pacte ni à Marrakech ni à New York. Cela signifie, a-t-il précisé, que s'il se rend à Marrakech, le Premier ministre doit faire connaître l'absence de consensus au sein de son gouvernement car s'il ne dit mot, le pacte sera réputé approuvé par la Belgique. "S'il est présent et qu'il se tait, c'est une approbation tacite; il doit dire quelque chose", a averti M. Jambon. Depuis vendredi matin, le Premier ministre Charles Michel multiplie les rencontres bilatérales et les échanges en vue de permettre l'organisation d'un conseil des ministres et d'un conseil restreint. Aucun calendrier n'était arrêté vendredi soir. Les contacts se poursuivaient, y compris entre présidents de partis. Aucune réunion ne sera engagée si c'est pour "constater pour la 117e fois, au bout de sept minutes, qu'il n'y a pas d'accord", selon une source. Actuellement, "nous sommes tous un peu perdus, sans nouvelle; c'est le Premier ministre qui a la main", selon une autre. Jusqu'ici, aucune solution de consensus n'a pu être dégagée. Il avait été question de proposer une note interprétative ou de s'avancer avec les pays européens sur une explication du pacte.

Le compte à rebours est déclenché

Ces dernières heures, on évoque encore la recherche d'une issue permettant d'"éviter les impacts négatifs" du pacte, qui sera de toute manière adopté, et s'imposera donc à la Belgique. De son côté, la N-VA continuait vendredi à exprimer sur les réseaux sociaux tout le mal qu'elle pense du pacte. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken se répandait lui-même en interventions multiples contre le texte, allant jusqu'à annoncer une conférence-apéritif sur le sujet dimanche dans sa ville de Lubbeek. Le week-end sera d'ailleurs sous haute tension, avec samedi, une réunion anti-immigration au parlement flamand, avec le Vlaams Belang, Marine Le Pen et Steve Bannon. Du côté des libéraux et du CD&V, on ne se formalise pas outre mesure de l'initiative de Theo Francken, qui relève de la "liberté d'expression". S'il "désire en remettre une couche, il en va de sa responsabilité", indique-t-on. Les partenaires de la N-VA n'ont pas caché leur irritation vis-à-vis du retournement de veste des nationalistes dans le dossier. Pour autant, ils ne désignent pas la N-VA comme le nouvel ennemi.

L'entente reste cordiale, assure-t-on, preuve en est, l'adoption de 38 des 40 points qui figuraient vendredi à l'ordre du jour du conseil des ministres. Le compte à rebours est déclenché vendredi mais au sein du gouvernement on se refuse à évoquer pour ce week-end une possible réunion de la dernière chance. S'en remettre entre les mains du roi ne correspond pas à "l'état d'esprit" du moment. Dans la vie d'un gouvernement, il existe des "phases de dramatisation". Et "la situation est très tendue", rappelait une nouvelle fois vendredi matin le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters. Son homologue Open Vld jugeait "prématurée" la chute du gouvernement.

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