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Les journalistes flamands sur la crise: "Marrakech n'a rien à voir là-dedans, gagner les élections, c'est ce dont il est question"

Les journalistes flamands sur la crise:
 
 

La crise gouvernementale et la nouvelle coalition fédérale sont bien entendu largement commentées dans les journaux flamands, dont les éditorialistes mettent en garde contre le risque d'un exécutif ingérable au niveau fédéral. Michel II est une aventure bancale et les autres partis ne lui feront pas de cadeau, estime ainsi Bart Eeckhout dans De Morgen. "Si la panique et les désaccords dominent, on vivra de longs mois dans un climat pénible", ajoute le rédacteur en chef du quotidien, soulignant toutefois qu'avec le départ de la N-VA, le gouvernement a peut-être trouvé ce qui lui manquait: l'unité.

Le danger est réel que ce cirque politique dure encore

Dans De Standaard, Bart Brinckman se demande, lui, si ce gouvernement minoritaire peut encore être dirigé. "Une campagne polarisée autour du thème de l'identité peut être le signe avant-coureur d'une formation extrêmement difficile au niveau fédéral", écrit-il, ajoutant que l'expérience d'un gouvernement minoritaire demande une grande maturité, tant de la part du gouvernement que de l'opposition. "Ils devront se méfier des 'package deals', où tout est lié et à la suite desquels, finalement, rien n'est possible", analyse-t-il.

La chute du gouvernement a clarifié un certain nombre d'éléments mais ne changera rien, affirme de son côté Kris Vanmarsenille dans la Gazet van Antwerpen. Michel tente de charmer les partis d'opposition, notamment sur le climat, et compte sur le soutien de la N-VA pour d'autres dossiers, "mais il est plus qu'incertain qu'il puisse continuer à gouverner de cette manière. Le moindre désaccord pourra conduire à une nouvelle crise", assure-t-elle, estimant par ailleurs que Bart De Wever utilisera la chute du gouvernement pour renforcer sa campagne. "Le danger est réel que ce cirque politique dure encore", conclut-elle.

L'inévitable est arrivé, renchérit Timmie Van Diepen dans le Belang van Limburg. Ce qui devait être un gouvernement historique, sans le PS, ne s'est pas passé comme espéré. Au lieu d'une vraie politique menée par le gouvernement Michel II, nous aurons, au cours des six prochains mois, une campagne brutale. De Wever veut couper la fuite à droite mais "il faut voir combien d'électeurs préféreront la copie à l'original", poursuit l'éditorialiste qui craint également un scénario d'ingérabilité du fédéral.

Dans Het Laatste Nieuws, Jan Segers appelle Charles Michel à mettre un terme à son nouveau gouvernement qui représente à peine un électeur sur trois. "Devons-nous trouver ça normal? On organise des élections quand un gouvernement n'a le soutien que d'un électeur sur trois. Maintenant donc", plaide-t-il. "Marrakech n'a rien à voir là-dedans. Gagner les élections, c'est ce dont il est question", conclut-il.

La nouvelle situation nous évite une part d'hypocrisie

"La nouvelle situation nous évite une part d'hypocrisie" même si le travail du gouvernement Michel II ne sera pas évident, écrit quant à elle Liesbeth Van Impe dans Het Nieuwsblad. Selon cette dernière, "le palmarès de l'exécutif n'est pas vide mais il a moins fait que ce qu'on aurait pu espérer et il a coulé comme il a vécu: dans un état de guerre totale".

Enfin, dans De Tijd, Bart Haeck estime qu'un Premier ministre qui n'a le soutien que de 52 parlementaires sur 150 puisse continuer à gouverner sans convoquer d'élections anticipées en dit long sur la gestion de la Belgique. Ce gouvernement minoritaire pourrait toutefois durer plus longtemps que ce que l'on imagine même si Charles Michel s'avance en terrain inconnu et devra trouver une majorité pour chaque décision. La "fenêtre d'opportunité pour une reprise socio-économique s'est refermée", les élections du 14 octobre ayant "réveillé tous les démons de la politique belge", regrette enfin l'éditorialiste du Tijd. Selon ce dernier, le fossé entre une Flandre de droite et une Wallonie votant à gauche est en effet "plus grand que jamais".




 

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