Crise politique: le Roi a accepté la démission du gouvernement

Crise politique: le Roi a accepté la démission du gouvernement

Deux scénarios s'offraient au chef de l'Etat après avoir accepté la démission du gouvernement: le charger d'expédier les affaires courantes jusqu'à la fin de la législature ou convoquer des élections anticipées, moyennant le contreseing ministériel et la dissolution du parlement.

Le Roi a accepté la démission du gouvernement et l’a chargé de l’expédition des affaires courantes. Il constate une volonté politique de garantir la bonne gestion du pays jusqu’aux prochaines élections. Le Roi demande aux responsables politiques et aux institutions, en qui il réitère sa confiance, d’apporter une réponse appropriée aux défis économiques, budgétaires et internationaux, et aux attentes de la population, notamment sur le plan social et environnemental.

Dans le foulée de cette annonce, Charles Michel a convoqué une réunion du gouvernement en comité restreint à 12h30.

Le gouvernement démissionnaire et les principaux groupes politiques au parlement ont fait connaître ces derniers jours leur volonté de répondre à certains enjeux socio-économiques dont la revalorisation du pouvoir d'achat et la nécessité de mieux répondre aux défis climatiques mais aussi de faire face au Brexit et d'assurer correctement la représentation belge au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Le Roi a convenu avec le Président de la Chambre des représentants et avec le Premier ministre qu’ils l’informeront respectivement, à intervalles réguliers, de l’état d’avancement des travaux dans le cadre des affaires courantes.

Les affaires "urgentes et inévitables"

En vertu de cette évolution, le gouvernement ne sera plus autorisé qu'à gérer les affaires "urgentes et inévitables", a indiqué le vice-premier ministre Open Vld Alexander De Croo à son arrivée au 16 rue de la Loi, vendredi. Cela signifie que le gouvernement ne sera plus en mesure de prendre "de nouvelles initiatives politiques" sans l'accord du parlement, a-t-il ajouté. Il s'agira d'être "très prudent", a-t-il précisé.

"Ce que l’on doit quand même décider c’est de regarder de quelle manière on juge si quelque chose est urgent et inévitable, où un gouvernement en affaires courantes peut intervenir. Et quelles sont les choses qui sont de la nouvelle politique et là de toute façon du côté du gouvernement on n’entame pas d’initiatives", a ajouté Alexander De Croo.

Plusieurs dossiers en cours

Plusieurs dossiers restent pendants alors que le gouvernement démissionnaire s'apprête à passer aux affaires courantes. En matière d'asile, il conviendra de se conformer à la décision de justice qui a suspendu la décision du précédent secrétaire d'Etat Theo Francken de limiter l'accueil des demandeurs d'asile, et de prendre des mesures afin d'empêcher une nouvelle crise de l'asile, a expliqué M. De Croo.

En ce qui concerne le climat, les mesures à prendre ne pourront être considérées comme urgentes; il s'agira donc, le cas échéant, de nouvelles initiatives politiques qui devront donc être concertées avec le parlement, a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le jobsdeal, et singulièrement la dégressivité accrue des allocations de chômage, le gouvernement ne pourra plus agir par arrêté royal, il devra donc également passer par le parlement s'il veut voir aboutir ce dossier.

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