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De Crem répond aux grossièretés de Flahaut

 
 
Il y a de la tension dans l’air entre André Flahaut (PS) et Pieter De Crem (CD&V). L'ancien ministre de la Défense a accueilli avec irritation la proposition de son successeur d'instaurer un service militaire sur base volontaire. "C'est un con, il ne connaît rien au dossier", a affirmé M. Flahaut samedi soir, en insistant sur ce qualificatif. Il a aussi accusé son successeur de vouloir "mettre en œuvre une politique de droite". LA réaction de Pieter De Crem ne s'est pas longtemps fait attendre. Le ministre de la Défense estime que si son prédécesseur l'a traité de "con", c'est parce qu'il est "enragé" de n'avoir pas été choisi pour continuer à siéger au gouvernement. Le nouveau ministre ne se sent toutefois pas insulté par les propos d'André Flahaut.

L'idée du service volontaire avait déjà été mis en place par Verhofstadt II, mais jamais appliquée

L'ancien ministre socialiste a ajouté qu'il avait expliqué à son successeur, lors du passage de témoin vendredi matin à M. De Crem, que la formule du Service volontaire d'utilité collective (SUC) existait et qu'il pouvait la mettre en œuvre. La proposition de loi créant ce SUC avait été adoptée en avril dernier par la Chambre, après que le Conseil des ministres eut donné en mars son accord de principe pour l'appliquer au sein du département de la Défense.

Le gouvernement Verhofstadt II avait imaginé ce dispositif en mai 2006, après le meurtre de Joe Van Holsbeeck. Il prévoyait qu'un millier de jeunes sans emploi de 18 à 25 ans puissent, sur base volontaire, prester un service auprès de l'armée. Il s'adressait aux Belges ou originaires de pays de l'Union européenne, qui sont demandeurs d'emploi ou bénéficiaires du revenu d'intégration sociale. Le SUC n'avait toutefois jamais réellement été appliqué.

Il y a d’autres moyens pour améliorer l'image de l'armée

Le sénateur Philippe Monfils, auteur de la proposition de loi sur le SUC lorsqu'il était député, sous la précédente législature, s'est pour sa part déclaré ce dimanche "très réticent" à l'idée de M. De Crem. "Il y a d'autres moyens" (pour améliorer l'image de l'armée), a-t-il dit.

M. De Crem avait plaidé pour un tel service dans une interview publiée samedi - au lendemain de sa prise de fonction - par les journaux flamands du groupe Corelio.

Il a expliqué espérer avec cette mesure "remettre l'armée dans l'esprit des gens", car c'est à ses yeux une manière de mieux apprendre à connaître la "Grande muette".

De Crem : "la réaction de Flahaut en dit long sur sa gestion de l’armée" !

L'idée lancée vendredi par M. De Crem d'instaurer un service militaire sur base volontaire a suscité ce samedi la réaction positive de deux syndicats militaires, contrairement à celle d’André Flahaut. Pour M. De Crem, cette réaction "en dit beaucoup sur la façon dont l'armée a été gérée pendant les deux législatures précédentes". Selon lui, les propos du député socialiste montrent ce qu'il n'a pas réussi à faire pendant qu'il était ministre. Son successeur dit cependant ne pas se sentir insulté: "est-ce que j'ai l'air d'un con, moi? ", a-t-il terminé avec humour en répondant aux questions d'un journaliste de la RTBF.

Quant à André Flahaut, il a confirmé ses propos dimanche midi, estimant que si le ministre pensait à la formule de Service volontaire d'utilité collective élaborée par le gouvernement précédent, il devait rendre à César ce qui lui appartient. Pour lui, M. De Crem "fait les choses sans réfléchir à ce qu'il fait et dit".


 




 

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