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Di Rupo: "De Wever veut-il un accord ou une révolution?"

Le président du PS, tout comme de nombreux acteurs de la politique du côté francophone, ont réagi ce lundi face à l'interview pour le moins explosive de Bart De Wever dans un magasine allemand.

"La Belgique, après des querelles politiques interminables, est devenue le malade de l'Europe", a déclaré Bart De Wever, le président de la N-VA, dans une interview au vitriol à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Des propos qui perturbent les acteurs politiques francophones, cherchant à relativiser et appelant De Wever à se concentrer sur l'essentiel: les négociations. 

"Dans l'état actuel des finances internationales, c'est jouer avec l'argent des Flamands, des Bruxellois et des Wallons. C'est jouer avec toutes les entreprises flamandes, bruxelloises et wallonnes. Nous n'avons de leçons à recevoir de personne: la Wallonie est en plein redressement. Ces propos montrent qu'il y a des difficultés, et c'est maintenant à M. De Wever à dire si oui ou non, il veut un accord pour notre pays, ou s'il veut la révolution", a déclaré Elio Di Rupo (PS).

"Ces propos ont déjà été tenu en d'autres moments. Ça montre l'extrême difficulté des conditions dans lesquelles nous devons travailler. Mais nous savons que la situation étant inextricable, et n'ayant pas d'alternative pour faire autre chose qu'un accord équilibré et un gouvernement, nous continuons sur ce cap là. Nous n'allons pas tomber dans le jeu qu'on attend de nous, émotionnel et irresponsable. Les gens ont besoin d'avoir des hommes et des femmes d'Etat au dessus de la mêlée, qui gardent leur sang froid. C'est ce que nous faisons", explique pour sa part Joëlle Milquet (cdH).

Le vice-président du gouvernement wallon André Antoine (cdH) a estimé quant à lui que l'assimilation par Bart De Wever des transferts financiers vers la Wallonie à une injection donnée à un "junkie" relevait de la "malhonnêteté intellectuelle". M. Antoine a fait état dans un communiqué de l'évolution favorable des paramètres économiques de la Région wallonne.

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Ecolo est "choqué" ou "inquiet"

Le sénateur de Communauté Marcel Cheron (Ecolo) s'est dit "choqué" par les propos tenus lundi par le président de la N-VA Bart De Wever dans une interview au quotidien allemand "Der Spiegel". M. De Wever y évoque notamment la Belgique qu'il voit comme "le malade de l'Europe", et les transferts vers la Wallonie qui ne doivent pas être "une perfusion, comme de la drogue pour un junkie".

Invité sur Bel RTL, Marcel Cheron a jugé ces propos "irresponsables", y compris pour les Flamands, à l'heure où le FMI examine la situation financière de la Belgique. C'est en outre "particulièrement malveillant par rapport aux Wallons, aux Wallonnes, ceux qui travaillent tous les jours, et qui essaient justement de redresser cette Région". Selon Marcel Cheron, régulièrement associé aux discussions institutionnelles en cours, cette sortie de Bart De Wever "n'est pas de bonne augure" pour la suite de la négociation.

Le co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux a déploré lundi la légèreté dont a fait preuve le président de la N-VA. Il s'interroge notamment sur le moment choisi par le nationaliste flamand pour tenir de tels propos.

> LIRE LA RÉACTION DE JEAN-MICHEL JAVAUX

Et les partis flamands?

Les écologistes flamands de Groen! ont manifesté leur "très grande inquiétude" après les déclarations du président de la N-VA. Selon les Verts flamands, tout laisse à penser que les nationalistes ont décidé de tirer la prise des négociations. Groen! appelle le conciliateur royal Johan Vande Lanotte à prendre une initiative amenant le président de la N-VA à clarifier ses intentions auprès des partenaires réunis autour de la table des discussions institutionnelles. Pour Groen!, la sortie médiatique du président de la N-VA est une véritable bombe.

Pour Wouter Beke, président du CD&V, l'analyse de Bart De Wever "n'est pas juste" et "pas sage". Toutes les comparaisons internationales démentent cette analyse, a indiqué M. Beke selon qui la Belgique se trouve parmi les pays les mieux classés en Europe si on tient compte de la croissance, de la croissance de l'emploi et de la situation budgétaire.

La présidente du sp.a, Caroline Gennez, dit quant à elle refuser de perdre du temps avec cet entretien. Selon elle, la N-VA et tous les partis impliqués dans la négociation feraient mieux de consacrer leur énergie aux négociations.

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