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DPR : majorité et opposition wallonnes voient, chacune, midi à leur porte

(Belga) Chacun voit midi à sa porte: c'était à nouveau le cas ce lundi matin au Parlement de Wallonie où les chefs de file des partis de la majorité et de l'opposition ont tour à tour contesté ou défendu, avec plus ou moins de conviction, la déclaration de politique régionale (DPR) qui avait été présentée vendredi aux parlementaires wallons par Elio Di Rupo, le tout nouveau ministre-président.

Du côté de l'opposition, tant le cdH que le PTB ont avant tout pointé le manque de données chiffrées du texte. "Il n'y a pas d'accord sans budget. C'est la différence entre la parole et les actes", a ainsi regretté le chef de groupe du PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango. Ce dernier a par ailleurs vivement dénoncé l'absence d'avancées sur la transparence, en matière de mandats notamment, alors que Nethys est revenu ce week-end au coeur de l'actualité en raison de l'accord secrètement passé en mai dernier avec un fonds d'investissements américain pour la vente du télédistributeur Voo. "Le fait que Stéphane Moreau soit toujours à la tête de Nethys prouve le manque de volonté des différents gouvernements. Et aujourd'hui, dire qu'on se laisse 6 mois avant d'intervenir, c'est inacceptable. Vraiment, rien n'a changé dans les moeurs de certains partis politiques en Wallonie", a poursuivi M. Mugemangango. Malgré quelques mesures positives, dont la gratuité pour certaines catégories d'usagers dans les transports en commun, "la politique qui sera menée par ce gouvernement sera classique, libérale et rien ne changera", a-t-il enfin estimé. Au cdH, si l'on s'émeut également du manque de chiffres, on promet une opposition constructive tout en s'interrogeant sur bon nombre de points repris dans la déclaration. "Nous avons analysé cette DPR en toute humilité", a assuré le chef de groupe des humanistes au parlement régional, François Desquesnes. Avec, au bout du compte, une interrogation majeure: "comment allez-vous faire pour payer tout ça? Pouvez-vous nous garantir qu'il n'y aura pas de nouvelle taxe? Vous savez que la Wallonie a besoin d'une vraie paix fiscale", a-t-il ajouté en s'étonnant encore de l'attitude de l'ancien ministre wallon du Budget, Jean-Luc Crucke (MR). "Il y a 'Dr. Crucke' qui luttait hier contre l'endettement et aujourd'hui, 'Mister Jean-Luc' qui nous dit qu'il faut investir", a ironisé François Desquesnes. "Ce texte ne nous rassure pas mais nous saisissons la main tendue à l'ouverture d'un dialogue constructif tout en attendant les réponses du gouvernement et ses données budgétaires", a-t-il conclu. (Belga)

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