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Elections 2018: Que disent les éditorialistes des résultats de ce scrutin?

Elections 2018: Que disent les éditorialistes des résultats de ce scrutin?

"Un avertissement aux partis traditionnels": telle est la lecture des élections du 14 octobre livrée par Béatrice Delvaux dans les colonnes du Soir. Une analyse en partie partagée par ses collègues de SudPresse et de la DH qui, tous, soulignent, la percée d'Ecolo et le risque plus grand que jamais d'une "Belgique coupée en deux" alors que se profilent les élections régionales et fédérales de mai prochain. "Une envie d'autre chose, un besoin d'une radicalisation, de messages clairs et de projets de vie concrets. C'est ce qu'il faut retenir des résultats de ce dimanche dans une Belgique francophone qui plébiscite des partis à gauche, non abonnés au pouvoir et sanctionne les formations traditionnelles", écrit l'éditorialiste du quotidien.


"Les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix"

"Avec cependant une grande différence entre la Wallonie et Bruxelles, tant par les vainqueurs couronnés que par les partis sanctionnés: la vague est verte à Bruxelles et c'est le MR qui prend une gigantesque claque, elle est ultra-rouge en Wallonie et c'est le PS qui paye l'addition", poursuit-elle. Pour Béatrice Delvaux, "cette vague très verte et très rouge francophone bouleverse l'échiquier politique francophone en le poussant davantage sur sa gauche". Ce dimanche, ajoute-t-elle, "les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix. C'est un signe de vitalité de la démocratie belge et ce n'est pas rien dans l'Europe du moment. Mais le vote important pour le PTB côté francophone, et pour l'extrême droite en Flandre, démontre l'existence croissante d'une colère et d'une déception vis-à-vis de la politique, auxquelles il reste plus urgent que jamais de répondre."


Une Wallonie très à gauche et une Flandre plus à droite: un pays ingouvernable en 2019?

"La volonté de changement, d'alternative et d'une manière plus modérée, de ce dégagisme qui souffle sur l'Europe, s'est indéniablement traduite dans les urnes", analyse pour sa part Demetrio Scagliola dans SudPresse. Dans ce contexte, "Ecolo et le PTB ont su incarner une véritable alternative", les Verts profitant des craintes climatiques, des scandales alimentaires et éthiques "pour devenir un parti incontournable, surtout à Bruxelles". "Quant au PTB, il surfe sur les malaises sociaux et profite du trou d'air socialiste", ajoute l'éditorialiste en soulignant "que cette volonté de renouveau et de changement s'est plutôt portée côté francophone sur des partis de gauche, ce qui pourrait rendre le pays ingouvernable en 2019, avec une Wallonie très à gauche et une Flandre plus à droite".


"Un pays coupé en deux"

Un danger également évoqué dans la DH où Jean-Marc Gheraille estime que c'est "un pays coupé en deux" qui est aujourd'hui sorti des urnes. "La Wallonie et Bruxelles ont connu deux phénomènes identiques. Primo: le PS, malgré les affaires, parvient à sauver les meubles. En tout cas, il ne s'écrase pas comme certains semblaient le prédire. Le PTB fait comme prévu son entrée dans plusieurs conseils communaux mais n'est pas encore certain de vouloir se frotter à la pratique du pouvoir. Secundo: le grand vainqueur se nomme Ecolo. A Bruxelles où le parti peut prendre plusieurs mayorats et en Wallonie où la poussée est évidente", décortique l'éditorialiste.

"Il reste désormais sept mois aux partis pour peaufiner leurs programmes et sans doute durcir certains accents et axes. Sur la gauche pour le PS, sur la sécurité et le communautaire probablement pour la N-VA. Cela augure d'ores et déjà des négociations fédérales particulièrement délicates", ajoute-t-il en pointant une Flandre qui "devrait être toujours aussi à droite et une Wallonie toujours aussi rouge même si elle sera teintée de vert. Plus que jamais une Belgique sociologiquement coupée en deux", conclut-il.

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