Va t-on vers la fin des provinces? "C'est très compliqué de s'y retrouver pour les citoyens"

Bien moins attrayantes pour le grand public que le scrutin communal, les élections provinciales auxquelles sont aussi appelés les électeurs le 14 octobre prochain devraient fournir aux décideurs politiques des indications sur l'ampleur des réformes à apporter à ce niveau de pouvoir contesté, intermédiaire entre les entités fédérées (Région et Communauté) et les municipalités.

La province est-elle un niveau de pouvoir inutile? En novembre dernier, Olivier Chastel, président du MR, annonçait que ces élections provinciales pourraient être supprimées. "On pourrait vivre en 2018 les dernières élections provinciales", avait-il affirmé. 

Sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, le débat a été lancé. D'un côté, des politiques ont affirmé leur volonté de voire supprimer les provinces. C'est le cas notamment de Philippe Henry, député wallon, à la Fédération Wallonie-Bruxelles, sénateur - Candidat aux élections communales à Liège (ECOLO).

"Nous sommes favorables à une évolution qui implique la suppression des provinces. Il y a un nombre de lieux trop importants, c'est très compliqué de s'y retrouver pour les citoyens et c'est peu transparent. La province date d'avant la construction de la Belgique, avant la région et la communauté", affirme-t-il. 


"On transférera d'autres compétences"

Selon lui, la suppression des provinces doit se traduire par la construction de "quelque chose qui remplace toute une série de structures dont la province".

Un sentiment partagé par René Collin, Ministre wallon de l’agriculture - Candidat aux élections communales à Marche - cdH: "Abolir la province, c'est toucher à la Constitution et la réformer. Ce n'est pas supprimer le territoire provincial. On a commencé à réformer les provinces, un tiers des conseillers et députés provinciaux en moins. On a transféré certaines compétences, ça a pris du temps mais c'est fait. On transférera d'autres compétences".

"Pourquoi faut-il garder une élection directe des conseillers provinciaux, qui est occultée par l'élection communale, alors que l'on pourrait avoir d'ici 6 ou 12 ans, avoir une représentation de chaque commune?", ajoute-t-il.


"Le citoyen doit choisir ses représentants"

Le ministre propose un transfert de compétences, des élus communaux pourraient par exemple devenir élus provinciaux. "Les gens sont attachés à leur terroir, à leur territoire, mais pas à l'institution pour l'institution", insiste-t-il. 

Pour Philippe Courard, président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Candidat aux élections communales à Hotton (PS), cette proposition est "une ânerie sans nom". Selon lui, sans les provinces, un service de qualité ne peut être rendu au citoyen. 

"L'élection est importante, le citoyen doit choisir ses représentants, il ne faut pas adouber les bourgmestres, qui en plus de s'occuper de leur commune, s'occuperont de la province. Ça ne marchera pas", explique-t-il.


Leurs compétences chevauchent ou complètent

"Il y a un problème beaucoup plus fondamental. S'il n'y a pas d'élection, il n'y a pas de pouvoir fiscal", réplique Katty Firquet, Députée provinciale de Liège - Candidate aux élections communales et provinciales (MR).

Mais selon René Collin, ces compétences fiscales peuvent être attribuées à la Région ou encore aux communes. 

Les cinq provinces wallonnes n'en gèrent pas moins un budget cumulé tournant autour de 1,2 milliard d'euros, loin des 7 milliards cumulés des communes, des 2,2 milliards des CPAS, ou des 13 milliards de la Région wallonne.

Leurs compétences chevauchent ou complètent - c'est selon - celles d'autres niveaux de pouvoir, comme l'enseignement, la sécurité, la santé, le social, la culture, le sport, le tourisme ou le soutien à la supracommunalité. 

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