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Jeunes Belges en Syrie: confisquer leur carte d'identité, une mauvaise idée?

 
 

Que faire pour empêcher des Belges et surtout des mineurs de partir en Syrie pour se battre ? La ministre de l’Intérieur a déposé une dizaine de propositions sur la table du Conseil des ministres restreint ce vendredi. Mais il prendra pas de nouvel arrêté royal, estimant que les lois actuelles pour lutter contre le terrorisme sont suffisantes.

Le comité ministériel restreint a jugé vendredi suffisant l'arsenal législatif anti-terroriste - renforcé il y a un mois et demi -, dans le cadre de la problématique des jeunes Belges allant combattre en Syrie.  Ce renforcement étend déjà la répression pénale du terrorisme à l'incitation à un acte terroriste, au recrutement ou à l'entraînement de terroristes. Le parquet fédéral a donc rendu un avis négatif au gouvernement, qui l'interrogeait - ainsi que divers autres services - sur l'opportunité de renforcer l'arsenal. Le comité restreint a suivi cet avis, ont expliqué la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet et le Premier ministre Elio Di Rupo.

"On ne voit pas tous ceux qu'on a déjà empêchés de partir"

"On parle toujours de ceux qui partent, mais on ne parle pas de tous ceux qu’on a empêchés de partir. On prend toutes les mesures possibles et je peux vous dire que la Belgique, par rapport aux pays européens qui sont confrontés au même phénomène, fait beaucoup plus. On a d’ailleurs pas mal de pays européens qui nous demandent d’envoyer les documents", a déclaré Joëlle Milquet au micro de Mathieu Col.

Retirer la carte d'identité: "On va les plonger plus rapidement dans des filières clandestines"

Parmi les idées proposées, il y avait la possibilité de retirer la carte d’identité des jeunes tentés par le voyage. L'idée ne faisait pas l'unanimité: "Moi je ne crois pas à la carte d’identité, parce qu’on va les plonger beaucoup plus rapidement dans des filières clandestines. Vous savez, pour aller en Syrie, avec une voiture, avec un car, par les Balkans, c’est facile. On va les plonger dans la clandestinité", a expliqué Laurette Onkelinx, vice-première Ministre, au micro de notre journaliste. "En néerlandais on appelle ça "cannonenvlees worden" ["devenir de la chair à canon", ndlr]. Il faut éviter que nos jeunes deviennent de la chair à canon", a déclaré lui Alexander De Croo, Vice-Premier ministre.

Une meilleure communication

Pour le ministre des affaires étrangères, c’est aussi par une meilleure communication que la Belgique pourra être plus efficace. "Si on veut par exemple que les ambassades à l’étranger jouent un rôle et essayent d’être à l’écoute des familles, ou des proches d’un certain nombre de jeunes partis, il faut qu’on leur communique les listes de ces jeunes qui sont partis. Or jusqu’à ce jour il n’y a aucune communication d’information", a déclaré Didier Reynders.

D'autres mesures

D'autres mesures telles que le renforcement des échanges de données avec la Turquie, le contrôle des mineurs d'âge en partance dans les aéroports, etc, sont soumises à un groupe de travail et reviendront sur la table du gouvernement vendredi prochain.      La ministre de l'Intérieur a en outre présenté son "programme de prévention de la radicalisation violente", qui compte associer tous les niveaux de pouvoir autour de six grandes thématiques.


 




 

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