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La communauté germanophone renforce la PARTICIPATION CITOYENNE: "Un laboratoire pour le reste de l'Europe"

Le Parlement de la Communauté germanophone a adopté lundi soir à l'unanimité un décret qui vise à institutionnaliser et à renforcer la participation citoyenne.

La Communauté germanophone est ainsi devenue lundi la première région du monde à se doter d'un système permanent de participation citoyenne, aux côtés du Parlement. La plus petite des entités fédérées belges a adopté un décret qui va permettre de structurer, de renforcer et de pérenniser la participation citoyenne dans les décisions politiques.

Concrètement, un conseil citoyen permanent, composé de citoyens tirés au sort, déterminera chaque année des thématiques précises qui seront débattues au sein de panels citoyens indépendants, eux aussi représentatifs de la population en Communauté germanophone. Ces derniers seront chargés de formuler des recommandations qui seront transmises au Parlement et au gouvernement qui se sont engagés à les prendre en compte.


Dialogue permanent

En instaurant un dialogue citoyen permanent, la Communauté germanophone entend atteindre trois objectifs: premièrement, renforcer la participation citoyenne dans les décisions politiques puisque les thèmes abordés seront choisis par les citoyens avant d'être discuté et avant de parvenir à un accord quant à ce qui pourra, ou pas être mis en œuvre.

Ensuite, cette forme de participation citoyenne devrait permettre une meilleure compréhension du processus de décision politique auquel les citoyens participeront.

Enfin, les institutions démocratiques devraient se voir renforcées par ce processus à l'heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.


Trois principes

Pour atteindre ces objectifs, le texte adopté lundi par les six groupes politiques se fondent sur trois principes: d'abord la constance puisque les citoyens membres des panels seront amenés à se prononcer régulièrement sur différents sujets. La représentativité sera assurée puisque les citoyens participants seront tirés au sort, sur base de critères comme l'âge, le sexe, l'origine géographique ou encore du contexte socio-économique. Enfin, les citoyens seront informés et encadrés afin de pouvoir formuler des recommandations qui pourront être débattues avec les représentants politiques.

Le décret prévoit que les panels citoyens, qui se composent d'entre 25 et 50 citoyens âgés de 16 et plus, se réunissent entre une et trois fois par an. Lors de ces réunions, différents thèmes qui relèvent des compétences de la Communauté germanophone, seront abordés. Des propositions peuvent également être formulées par les groupes politiques, le gouvernement ou des citoyens. Le conseil citoyen déterminera alors les thèmes et le calendrier des discussions. Dans ses tâches, le conseil citoyen sera épaulé par un secrétariat permanent.

Le premier conseil citoyen devrait entrer en fonction le 16 septembre prochain. Pour l'année en cours, un budget de 90.000 euros est prévu pour les années suivantes, un montant de 140.000 euros est prévu pour couvrir les frais liés à l'organisation de deux panels citoyens avec les défraiements prévus mais aussi les honoraires de différents experts et modérateurs qui pourraient être sollicités.

Pour parvenir à ce modèle de participation citoyenne, la Communauté germanophone a travaillé avec la plateforme d'innovation démocratique G1000 et différents experts. "Des villes telles que Gdansk (Pologne) et Madrid associent d'ores et déjà des citoyens tirés au sort à leurs politiques mais personne ne va aussi loin. Avec cette avancée, la Communauté germanophone devient un laboratoire pour le reste de l'Europe", s'est réjoui l'écrivain et intellectuel David Van Reybrouck, co-initiateur du G1000.

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