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La Flandre durcit les conditions d'aide aux réfugiés: "Mouvements de retour vers Bruxelles ou la Wallonie"

La Flandre durcit les conditions d'aide aux réfugiés:
© BELGA

Le gouvernement flamand nouvellement formé a décidé de restreindre les droits des demandeurs d'asile. Les allocations familiales pour les enfants de requérants sont supprimées ; le réfugié devra payer son parcours d'intégration de 360 euros ; il n'y aura plus d'aides sociales pour les personnes qui n'ont pas résidé au moins 10 ans en Belgique dont 5 sans interruption ; pas de logement social à disposition si la personne n'est pas domiciliée depuis 5 ans dans la commune concernée.

Toutes ces restrictions risquent bien de décourager les réfugiés de se rendre en Flandre. Et donc, la part de réfugiés en Wallonie et à Bruxelles devrait augmenter, alors qu'actuellement, ils optent en majorité pour le nord du pays.

Ils y allaient pour le travail

S'ils le font, ce n'est pas pour les aides sociales, mais bien parce que c'est au Nord qu'il y a le plus de jobs disponibles.

"Nous, à l'Université de Liège, nous avons aussi un certain nombre d'étudiants réfugiés. Ils nous disent que c'est bien, qu'ils sont bien accueillis à Liège, que la ville est agréable. Mais qu'ils vont partir à Anvers car ils ont plus de chance de trouver un emploi là-bas", explique Marco Martiniello, spécialiste des migrations, à l'Université de Liège.

Cependant, on l'a dit, l'atmosphère devient hostile pour les étrangers en Flandre. Avec les mesures du gouvernement flamand, des restrictions de droits, des critères discriminatoires, l'attirance des réfugiés pour la Flandre devrait se ternir.

Vers Bruxelles ou la Wallonie ?

Ils pourraient opter davantage pour le Sud du pays, où ils sont mieux accueillis, socialement. Thèse corroborée par tous les maillons de la chaîne, que nous avons interrogés: l'Office des étrangers, le Commissariat aux réfugiés, Fedasil ou encore les associations.

D'ailleurs, depuis la montée du Vlaams Belang en Flandre, une part des émigrés ont déjà commencé à bouger. "On ne peut pas exclure des mouvements de retour de la Flandre vers Bruxelles ou la Wallonie. On a des cas de personnes qui disent qu'elles n'en peuvent plus d'habiter à Alost. Des personnes, même belges d'origine marocaine, qui ne veulent plus vivre comme ça et qui retournent à Bruxelles. Mais tout cela est extrêmement difficile à chiffrer, mais des cas existent…", poursuit notre expert, par ailleurs, directeur du centre d'étude de l'ethnicité et des migrations.

 

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