En ce moment
 
 

La Wallonie est "aux urgences sur le plan budgétaire", selon André Antoine

 
 

André Antoine était l’invité de 7h50 au micro de Fabrice Grosfilley. Le député wallon pour Les Engagés (ex cdH) s’est montré très alarmiste sur les ondes de Bel RTL ce jeudi matin. Selon lui, la Wallonie est "aux urgences sur le plan budgétaire", avec une dette globale qui ne cesse d’augmenter. Il est, pour lui, aujourd’hui primordial de réagir rapidement pour éviter l’austérité.

Le gouvernement wallon entame ce jeudi son ajustement budgétaire. Par rapport aux prévisions faites lors de la confection de ce budget en fin d’année, il y a un trou de 505 millions d’euros à combler. Une situation catastrophique pour André Antoine qui estime que la Wallonie est "aux urgences sur le plan budgétaire." C’est ce qu’a déclaré le député wallon pour Les Engagés (ex cdH) ce jeudi matin sur les ondes de Bel RTL. Il était l’invité de 7h50 au micro de Fabrice Grosfilley.

"Entre 2019 et 2024, ce gouvernement Ecolo-PS-MR va doubler la dette globale de la Wallonie. On va passer de 23 à 46 milliards. C’est 300% de nos recettes", s’est alarmé le député. Pour lui, il est donc primordial d’agir rapidement pour réaliser "un véritable assainissement des finances publiques", sans quoi "on va basculer dans l’austérité et on va devoir mendier des moyens aux Flamands. Et ça, je ne veux pas", a-t-il déclaré, inquiet quant à la situation.

André Antoine rappelle que l’année dernière, les experts ont demandé au gouvernement de réaliser une économie de pratiquement 1 milliard d’euros dès 2022 et jusqu’aux élections. "On est en juin et on n’a pas encore 1 euro d’économie", souligne-t-il.

On n’a jamais autant dépensé en Wallonie

Avant son départ, Jean-Luc Crucke (ancien ministre wallon du Budget et des Finances) avait estimé qu’il serait nécessaire de faire 150 millions d’économies structurelles et récurrentes, un diagnostic correct pour le député, mais qui ne sera peut-être pas poursuit par son successeur Adrien Dolimont. André Antoine va ainsi jusqu’à qualifier le départ d’homme politique libéral d’"attitude pas très responsable."

La situation d’Adrien Dolimont n’est pas facile, le ministre doit en effet composer avec "des partenaires qui ont fait preuve d’une gourmandise budgétaire hors du commun", comme le mentionne André Antoine. "On n’a jamais autant dépensé en Wallonie. Depuis 2019, on n’a renoncé à rien. On n’a pas fait une seule économie car l’argent ne coûtait rien, c’était de l’argent facile, ce qui a rendu fou certains décideurs", poursuit-il.

Réaliser des économies supplémentaires

Mais aujourd’hui, on fait face à un renversement des conjonctures et les Wallons sont dans une situation financière compliquée. Même si le gouvernement wallon a, selon lui, bien réagi lors des inondations ou de la campagne de vaccination, la Wallonie a continué à s’endetter. "3 milliards pour les inondations, 3 milliards pour la campagne de vaccination. Ça fait 6 milliards mais sur les 23 de dettes complémentaires, il en reste 17 qui ont servi d’autres politiques sans jamais choisir, sans jamais renoncer, sans même sélectionner les dépenses qui étaient les plus productives pour les Wallons", développe le député wallon.

Il cite notamment l’exemple du Forem qui a diffusé 78.000 offres d’emploi. "Du jamais-vu en Wallonie." Alors qu’actuellement, il y a 198.000 demandeurs d’emploi mais "il y a des pénuries partout. Quand est-ce que ce gouvernement va s’entendre avec la communauté française ?", se demande-t-il. Cela afin d’avoir "véritable contrat de formation et de qualification." Mais il prétend que les Wallons ne veulent plus parler avec les Francophones. "Il y a là une schizophrénie que je ne peux pas accepter", lance-t-il enfin. Et pour faire des économies, André Antoine parle d’une réforme fiscale sur l’automobile, avec l'instauration d'une vignette pour circuler en Wallonie. 


 

Vos commentaires