Producteurs de lait en colère: voici les solutions du co-président d’Ecolo

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Pour améliorer la situation des producteurs de lait, Patrick Dupriez, le co-président d’Ecolo, estime qu'il faudrait réguler l'offre pour revenir à un prix décent, mais aussi changer en profondeur notre modèle agricole.

Patrick Dupriez, le co-président d’Ecolo, était l’invité de la rédaction de Bel RTL ce mercredi matin. L'écologiste, qui répondait aux questions d'Antonio Solimando, est revenu sur les actions des agriculteurs en colère.

Des agriculteurs qui n’ont plus rien à perdre. Ils bloquent les routes, notamment en direction du Luxembourg. Quelles solutions à leur proposer ?

"D’abord ce qu’ils demandent depuis longtemps et qui n'a pas été entendu: un prix décent pour le lait. C’est une crise de la surproduction."

Et donc qu’est-ce qu’on fait ?

"Il faut en revenir d’une part à la régulation de l’offre, au niveau européen. Il faut que les ministres de l’Agriculture belges prennent leur bâton de pèlerin, aillent rencontrer leurs collègues français, allemands, hollandais avant les autres. Si on produit trop de lait, on diminue la production pour en revenir à un prix décent. D’autre part, on est face à une crise de modèle. Il faut changer en profondeur notre modèle agricole, désintensifier, désindustrialiser notre agriculture, pour permettre de produire des aliments de qualité en respectant l’environnement, en ancrant cette agriculture dans notre territoire, parce qu’on ne peut pas à la fois dire "on veut une agriculture paysanne et qualitative" et promouvoir comme on le fait aujourd’hui une logique d’intensification et d’industrialisation."

A priori, si on produit moins, on a aussi moins de revenu…

"Si on produit moins en quantité mais avec une meilleure qualité, avec aussi une meilleure maîtrise des coûts, une plus grande indépendance, une plus grande autonomie de la ferme, de l’agriculture. Eh bien, on peut être mieux rémunéré. C’est d’ailleurs le cas aujourd’hui. Qui s’en sort aujourd’hui en Belgique comme en France ? Ceux qui sont dans le biologique, ceux qui sont dans les appellations d’origine contrôlée, ceux qui font de la qualité différenciée et qui produisent par exemple pour partie eux-mêmes l’alimentation du bétail. C’est ce type de filière qu’il faut soutenir."

Ca veut dire en fait que vous attaquez les supermarchés ?

"On ne va pas attaquer la vente en supermarché. Constatons que les grandes industries, du lait par exemple, font des profits comme jamais, alors que l’agriculteur n’est pas rémunéré. Ce qu’il faut, c’est avoir des filières plus ancrées dans notre économie qui rémunèrent l’agriculteur, le transformateur, les gens qui travaillent plutôt que les actionnaires des grands groupes. Aujourd’hui, notre alimentation est entre les mains de quelques grandes sociétés multinationales, que ce soit les firmes semencières, comme Monsanto, les firmes agro-chimiques ou les grandes sociétés de l’industrie agro-alimentaire qui produisent des aliments. Nous devons reprendre le pouvoir sur notre alimentation, depuis la terre, depuis le champ jusqu’à nos cuisines en quelque sorte. Et ça c’est un enjeu de civilisation."

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