En ce moment
 

Le gouvernement fédéral a bouclé son budget durant la nuit: la dégressivité accrue du chômage est actée, bientôt un 4e opérateur mobile

Le gouvernement réuni en comité restreint est parvenu à boucler un accord dans la nuit de lundi à mardi. "Agreement" a tweeté le Premier ministre Charles Michel un peu avant 1h. L'accord inclut le budget 2019, le "deal pour l'emploi", l'indemnisation des coopérants d'Arco à laquelle est liée la privatisation partielle de Belfius, ainsi que la venue d'un 4e opérateur mobile sur le marché des télécoms en Belgique.

Il aura fallu moins de 3 semaines de discussions. Le comité ministériel restreint a conclu un accord sur le budget 2019 durant la nuit passée. Il fallait trouver 2,6 milliards d'euros. Le gouvernement a réussi à dégager près de 3 milliards. Des moyens ont notamment été mis en place pour résoudre le problème des métiers en pénurie.

Plusieurs mesures ont été dégagées dans le but de réactiver le marché de l'emploi. La mesure phare est la dégressivité des allocations de chômages. Une décision voulue par le ministre de l'emploi Kris Peeters mais vivement critiquée par les syndicats.

Concrètement, les allocations vont fortement augmenter pendant les 6 premiers mois qui suivent la perte d'emploi ; mais le montant de l'allocation diminuera ensuite plus rapidement qu'avant (même si on ne connait pas encore les détails de la baisse). La dégressivité sera par contre gelée pour les demandeurs d'emploi qui suivent une formation pour un métier en pénurie.


Pas d'effet sur notre portefeuille ?

Pas de nouvelles taxes, pas d'effets sur notre portefeuille ? "Effectivement, ce que nous avons fait, c'est travailler à un 'jobs deal'. Le gouvernement a créé énormément d'emplois depuis sa prise de fonction, mais il y avait une inadéquation entre une certaine offre et une certaine demande. C'est ce qu'on appelle les métiers en pénurie. L'objectif du jobs deal est de créer cette adéquation entre offre et demande pour que les métiers en pénurie trouvent acquéreur", a expliqué Sophie Wilmes, ministre du budget, à RTL info ce matin.

Il y a tout de même l'accélération de la dégressivité des allocations de chômage, un point très sensible. "Il faut bien comprendre que ce n'est en aucun cas une mesure budgétaire, c'est une mesure de mise plus rapide à l'emploi. Car en définitif, la 3e période, ce qu'on appelle la période forfaitaire, reste identique à ce que l'est à présent".

Les 2,6 milliards d'euros viennent "de différentes corrections techniques et de mesures en dépenses primaires, en fiscal, en social, en emploi". Et l'emploi, "ce sont des gens qui ont des revenus, qui paient des cotisations et qui consomment dans la société", a conclu Sophie Wilmes.

"Nous avons fait la démonstration de notre capacité à décider sur des dossiers importants. Ce qui est sur la table, avec cette vague de réformes structurelles et de décisions, c'est notre menu pour les prochains mois. Nous devrons travailler pour mettre en oeuvre ces mesures: adopter des projets de loi, des arrêtés royaux, etc.", a souligné le chef du gouvernement Charles Michel au cours d'une conférence de presse à Bruxelles ce midi.


Un quatrième opérateur

Autre dossier important sur la table, celui de l'entrée en bourse de Belfius et du dédommagement des 800.000 coopérateurs d'Arco. Une question chère au CD&V qui a eu gain de cause. Selon la Libre, un fonds de 600 millions d'euros a été débloqué pour indemniser ces coopérateurs.

Sur le budget en tant que tel: côté santé, 200 millions d'euros ont été dégagés pour les traitements contre le cancer, un souhait de la ministre Maggie de Block. En revanche côté défense, aucune mention du remplacement des F16 dans ce budget.

Enfin, l'arrivée d'un 4e opérateur de téléphonie mobile a été actée, mais celui-ci n'existe pas encore... L'idée du fédéral serait de faire baisser les prix pour le citoyen en augmentant la concurrence. Les autres opérateurs grincent des dents et craignent "des conséquences immédiates pour la qualité du réseau et la rentabilité du secteur, ce qui mettra inévitablement sous pression les investissements dans le réseau et l'emploi dans le secteur des télécommunications en Belgique" (communiqué de Proximus).

Vos commentaires