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Le MR, réuni en congrès, se tourne déjà vers 2024

 
 

Le Mouvement réformateur est en congrès aujourd'hui. Le parti libéral change ses statuts, son fonctionnement interne. Les Libéraux pensent déjà clairement aux prochaines élections de 2024.

Le Mouvement réformateur a approuvé ses nouveaux statuts samedi, lors d'un congrès à Namur, à une très large majorité. Le parti renouvelle son fonctionnement, se veut paritaire en genre, plus participatif avec ses membres et plus ouvert aux non-membres ou aux libéraux européens.

Lors d'un vote à main levée devant plusieurs centaines de militants - sans masque mais avec Covid Safe Ticket -, le président Georges-Louis Bouchez a obtenu la validation, sans modification par rapport au vote en Conseil du MR il y a dix jours, de cette réforme négociée ces derniers mois en interne. Parmi les derniers points en suspens soumis au congrès, le plus discuté aura été la parité hommes-femmes dans tous les organes du parti. Des voix se sont élevées pour regretter un tel "quota", qui serait selon elles contraires aux idéaux libéraux de mérite et d'universalité, ce qui a poussé la vice-Première ministre Sophie Wilmès à se lever pour défendre la proposition. 

Au final, la parité l'a emporté à 77% contre 23%, dans un vote où ce sujet a été fondu dans les questions d'ouverture et d'universalisme du MR, avec par exemple la possibilité pour tout affilié d'un parti adhérant aux libéraux et macronistes européens (ALDE et Renew Europe) de devenir automatiquement membre du MR, ou à des non-membres de participer à l'élaboration des propositions.

Parmi d'autres réformes, de nouvelles règles de décumul sont prévues, une assemblée consultative des membres sera créée, ceux-ci auront un droit d'initiative sur les sujets de société, etc. Quant au mandat du président, il sera porté à cinq années dès la prochaine mandature afin de mieux coller à la durée des législatures.

Georges-Louis Bouchez, qui a affirmé dans la presse vouloir conduire le MR dans la campagne de 2024 et les négociations post-électorales, au-delà donc de son mandat actuel qui vient à terme en 2023, pourrait se voir prolongé si, cette année-là, est adoptée en Conseil du MR une motion en ce sens de l'un des fondateurs du MR, Louis Michel.

Pour M. Bouchez, les prérogatives de la présidence ne sortent pas excessivement renforcées de cette réforme. "Les statuts répondent à un équilibre qui permettra au président, ou à une future présidente, d'assumer ses responsabilités, de prendre des décisions, sans se cacher. Il y a un équilibre avec les organes internes, où l'on retrouve plus d'espace de discussion", a assuré le Montois, interrogé par Belga.

Un poids lourd du MR, qui a par le passé été en confrontation avec M. Bouchez, confirmait ce point de vue. "Cette réforme est le fruit d'un compromis, l'équilibre y a été respecté, notamment dans le poids des fédérations".

Renforcé par cette réforme après avoir connu un début de mandature chahuté en interne, le président du MR s'engagera en 2022 dans un processus de refonte programmatique avant, en 2023, une refonte identitaire qui passera sans doute par un changement de nom du Mouvement réformateur.


 




 

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