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Le PTB ne se méfie pas que du PS: "Est-ce qu'Ecolo se reconnaît comme un parti de gauche ou de droite? C'est pas clair"

Germain Mugemangango, le porte-parole du PTB, était l'Invité de 7h50 ce matin sur Bel RTL. Il a répondu aux questions de Martin Buxant.

Le PTB négocie en ce moment des majorités à Charleroi, à Molenbeek, à Herstal et à Liège. Leur présence dans une majorité communale serait une première côté francophone pour les communistes, comme on peut les appeler de l'aveu même de M. Mugemangango: "Oui on est communistes, bien sûr, des communistes du 21ème siècle."


Longues négociations à Liège où une triple alliance PS-Ecolo-PTB serait possible

Mais à ce stade, les négociations dans ces villes prennent du temps. Pour le porte-parole, rien de plus normal. "Je suis très étonné du fait que pour Ecolo et pour d'autres partis, toute la question d'avoir une majorité se discute en quelques heures. On se demande sur quel fond c'est discuté."

Une critique d'Ecolo qui montre que le PTB s'en méfie autant que du PS : "On voit le PS qui mène des politiques libérales dans certaines villes. Par rapport à Ecolo, on voit des locales qui vont s'allier avec le MR, d'autres avec le PS. Nous on se pose des questions : est-ce qu'Ecolo se reconnaît comme un parti de gauche ou de droite? C'est pas clair."

Et donc une éventuelle alliance PS-Vert ardent-PTB à Liège est envisageable? "C'est beaucoup trop tôt pour le dire. Est-ce que de telles alliances vont mener à des ruptures avec la politique précédente? C'est dans la discussion sur le programme qu'on va le voir. On voit à Liège que la volonté de rupture est assez timide."


Difficile d'imposer ses idées quand Magnette n'a pas besoin de vous

À Charleroi, contrairement à Liège où Willy Demeyer doit trouver un partenaire de majorité, Paul Magnette n'a pas besoin des communistes pour diriger. Les discussions y prennent donc aussi du temps : "Il est hors de question pour nous de jouer la 5ème roue du carrosse ou de trahir nos convictions pour entrer dans une majorité. Dans la discussion d'hier (avec Paul Magnette), on se rend bien compte que le fait d'avoir un projet de ville où on met finalement la ville à disposition des promoteurs privés ou des spéculateurs, il a du mal à remettre ça en question. On va voir dans les jours à venir si ça peut se décoincer."

Pourtant, certains points du programme du PTB semblent infinançables. Selon Paul Magnette, mettre leur programme entièrement en place à Charleroi coûterait 2000€ par an à chaque Carolo ! Pour le porte-parole, ce calcul est faux: "Ça ne coûtera pas des impôts supplémentaires aux gens. Par contre il faudra investir. Nous on veut que dans les villes, on investisse sur le plan social et humain. Parfois il y a une confusion entre le budget ordinaire d'une ville et le budget d'investissement d'une ville.  Ce budget-là n'est pas payé par la fiscalité, par des impôts sur les gens, c'est pas comme ça que ça fonctionne."

Il n'empêche que les transports en commun gratuits "pour tout le monde" sur toute la commune coûteraient cher: "À Charleroi, le transport gratuit coûterait 6 millions d'euros, soit 1,6% du budget de la ville. Ce qu'on ne compte pas, c'est ce que ça coûte de ne pas avoir le transport gratuit, en termes de santé, de bouchons, de pollution. Ça coûte énormément d'argent mais ça on ne le compte pas."

Molenbeek, là où le PS a besoin d'eux

Finalement, c'est à Molenbeek que le PTB semble le plus proche de monter dans un Collège communal. "Les signaux de la population y ont été très clairs. Ils veulent rompre avec la politique libérale de la bourgmestre précédente, mais aussi avec ce qui s'est passé avant 2012, donc le clientélisme, tout ce qui est favoritisme. Et aussi très clairement la question du logement social qui est très importante à Molenbeek."

Où en sont les négociations à Molenbeek? C'est la future bourgmestre potentielle, Catherine Moureaux, qui l'a expliqué à Loïc Parmentier: "Le PTB a clairement marqué sa volonté de prendre son temps, puisqu'il a souhaité reporter (une) réunion à lundi. Nous on était tout à fait prêts à négocier. On savait déjà très bien quelles étaient nos priorités et nos lignes rouges qu'on ne dépassera pas. Donc est prêts et on attend. Aujourd'hui je ne discute avec aucun autre parti. Je suis dans cette hypothèse-là : PTB, Ecolo, PS. C'est entendre les Molenbeekois que d'aller avec eux."


Oui au voile, soutien aux indépendants et non à l'extrême-droite

Enfin, le porte-parole a rappelé la ligne de conduite de son parti concernant le port du voile, les indépendants et a répondu aux Flamands qui voudraient créer un cordon sanitaire autour de l'extrême-gauche comme il en existe un autour de l'extrême-droite.

Faut-il interdire le port du voile dans les administrations publiques? "Non. C'est un débat qui va mener à l'exclusion d'une partie des gens. On doit permettre à l'ensemble de la population de pouvoir vivre en Belgique en bonne intelligence. Ce qui est important, c'est la séparation très claire entre la religion et l'État. Ce sont deux choses différentes."

Le PTB va-t-il faire mourir les indépendants? "La charge fiscale dans les villes comme Charleroi, Liège ou Bruxelles s'appuie sur 2 types de gens : les salariés et les petits indépendants. Et nous on veut soutenir les deux."

Quant à l'idée des Flamands, "c'est scandaleux de faire cette comparaison" entre extrême-gauche et extrême-droite. "L'extrême-droite, c'est un courant d'idée raciste qui veut exclure les gens, qui veut diviser les gens. Nous on veut faire le contraire, on est un courant de fraternité, d'égalité, on veut unir les gens. On n'a rien avoir avec les formations d'extrême-droite."

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