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Le PTB veut rediriger une partie du milliard d’euros donné aux entreprises vers notamment la santé

 

Le député wallon et porte-parole francophone du PTB Germain Mugemangango était l’Invité politique de Bel RTL ce matin. Il répondait aux questions d’Antonio Solimando. Il s’est positionné pour analyser le milliard d’euros donné par la Wallonie en 2020 aux entreprises privées et voir ce qui pourrait être réorienté à l’avenir vers le secteur du non marchand. Idem avec les fonds d’aide européens qui vont arriver. Il regrette également qu’une simple commission spéciale, et non d’enquête, ait été mise en place pour analyser les erreurs commises pendant la crise du Covid-19.

La dette wallonne après la crise du Covid-19 est « inédite et abyssale », selon Elio Di Rupo : 1,4 milliard de déficit à cause de l’épidémie. "Le conclave budgétaire doit surtout servir à soutenir les secteurs qui nous ont aidés pendant la crise du coronavirus. Je pense aux maisons de repos et au secteur du non-marchand en général. Il faut mettre 250 millions d’euros sur la table. Si on veut qu’une infirmière qui dépend du fédéral soit rémunérée de la même manière qu’une infirmière qui dépend des secteurs wallons, il faut qu’au niveau wallon on mette aussi cette somme-là sur la table. Ça parait beaucoup, mais quand on regarde le budget de 2020, on a mis un milliard d’euros dans le subside aux entreprises. Les 250 millions ça parait raisonnable. C’est une question de choix politique. Ce milliard d’euros qu’on donne aux entreprises, il faut l’analyser parce que si c’est pour donner des subsides à ArcelorMittal et qu’ils s’en vont, ou à GSK et qu’ils détruisent des emplois, c’est pas la peine de faire ça comme ça. Depuis 30 ou 40 ans, on donne des milliards aux multinationales alors que ça ne rapporte pas une croissance économique importante en Wallonie ni des emplois. Est-ce qu’on ne ferait pas mieux d’utiliser cet argent d’une autre manière ?"

Des investissements publics plutôt que des aides aux entreprises privées

Pourtant en Wallonie, c’est un quart des entreprises de l’industrie qui fournit le PIB wallon. Il faut les aider aussi ? "Ces entreprises utilisent les fonds publics dans leurs choix. Ça va enrichir les dividendes des actionnaires sans assurer une viabilité économique en Wallonie. Ne devrait-on pas utiliser cet argent pour des investissements publics ? Un exemple : le secteur de l’énergie pourrait être soutenu beaucoup plus. Une ville comme Munich, dans un an, pourra fournir de l’énergie verte à l’ensemble des ménages et  transports électriques, seulement sur base des fonds qu’ils ont investis depuis 2008. Pourquoi pas aller dans la même direction ?"

Critique de Christie Morreale

Ryanair, Brussels Airlines ou Camaïeu en grève car il y a des licenciements qui sont annoncés. Il ne faut pas aider ces entreprises-là ? "Il faut de la transparence. On a posé la question à Mme Morreale (ministre wallonne PS de l'Emploi, de l'Action sociale, de la Santé et de l'Égalité des Chances, ndlr).On voulait savoir ce qui était fait des aides à l’emploi. On parle de 600 millions d’euros. Elle nous a répondu qu’on n’allait pas faire de transparence parce que c’est le secret des affaires. Ce ne va pas évidemment. On est en train de parler d’argent public qu’on donne à des entreprises et finalement on n’a pas de contrôle quand ces boites décident de licencier ou de s’en aller. Pour nous c’est une mauvaise utilisation des fonds publics."

Contrôler où iront les millions d’aide de l’Europe

Le PTB a critiqué l’Europe pendant la campagne, mais une partie des millions que va recevoir la Wallonie viendra de là… "L’Europe a dû renoncer à sa logique d’austérité qu’elle impose aux États depuis 10, 15, 20 ans. Une logique d’austérité qui a été mise en place par les partis traditionnels en Belgique. On est en train de se rendre compte que cette logique est mortifère pour l’économie et sur le plan social. Donc oui  l’Europe va mettre de l’argent sur la table, mais qu’est-ce qu’on va faire de cet argent ? On parle de 4,8 ou 5 milliards qui vont venir en Belgique. Mais si on fait la même chose qu’on a fait pendant 30 ans, appliquer des recettes néolibérales qui consistent à mettre ces moyens à disposition des multinationales sans regarder ce qu’ils vont faire avec, ça ne va pas fournir des solutions. C’est pour ça que la question est de savoir si on  investit ces moyens dans des fonds publics, dans des emplois qu’on maitrise, dans des emplois stables, ça va apporter un mieux pour les Wallons et les Wallonnes. Sinon on va juste reproduire des situations difficiles qu’on connait jusqu’à maintenant."

Une des erreurs : aucun plan de retour des vacanciers prêt à temps

Le Wallonie a mis en place une commission spéciale mais pas une commission d’enquête. Vous le regrettez ? "Bien sûr ! On voit ce qui est en train de se passer par exemple au niveau des retours de vacances. On pensait qu’il y avait un plan. Les experts disent depuis le 3 juin qu’il en faut un. Et c’est seulement le 15 juillet, dans 2 jours, qu’au niveau du parlement wallon on va parler effectivement de ce plan. Comment c’est possible que dans le superkern où siègent M. Magnette, M. Bouchez, M. Prévot, M. Nollet, dans le CNS où siège M. Di Rupo, ou dans la conférence interministérielle où siège Mme Morreale, on ne s’est pas dit que les gens qui partaient en vacances allaient un jour revenir ? Il y a quelque chose qui n’est vraiment pas normal alors qu’au mois de mars on a connu le même problème, avec des infections à la clé. Ce genre de question doit se poser dans une commission d’enquête."

Demande de dépistage dans les maisons de repos le 2 mars, réponse le 13 avril…

Un seul dossier mal géré à ressortir ? « La question du dépistage dans les maisons de repos. Le PTB a demandé des commissions d’enquêtes à chaque niveau de pouvoir. Au niveau du dépistage, le secteur avait demandé de l’aide le 2 mars. Il a fallu attendre jusqu’au 13 avril pour les avoir. Au niveau des masques, il a été proposé à Mme Morreale de livrer les masques directement aux maisons de repos par deux fois et elle a refusé. Ce type de question a mené à une commission d’enquête en France. Il n’y a aucune raison qu’en Wallonie, il n’y ait pas ce type de commission d’enquête. »

PS et Ecolo s’étaient engagés à ne pas vendre VOO au privé

La vente de Voo annulée : "C’est une bonne chose. C’est une entreprise qui se portait bien, qui est importante pour la relance. C’est une occasion pour le PS et Ecolo de pouvoir renoncer à la privatisation de Voo. Je rappelle que dans leurs programmes respectifs, ils s’étaient engagés à le faire. Ce n’est pas normal que dans leur programme ils disent A et quand ils sont aux manettes ils font B."

De Wever ? « Du chantage sur le droit des femmes »

Bart De Wever qui conditionne sa participation à la formation d’un gouvernement fédéral au non-vote de la nouvelle loi sue l’avortement ? "Bien sûr que c’est du chantage. Sur une question qui est fondamentale : on est à une époque où les femmes ont le droit de disposer de leur corps. Et on est face à des partis politiques qui n’ont pas encore compris ça. Le fait qu’ils fassent du chantage sur cette question fondamentale du droit des femmes, c’est vraiment scandaleux."

Se demander pourquoi les électeurs sont dégoûtés

Retourner aux urnes ? "On n’est pas contre. Les gens ont le droit de s’exprimer." Mais les gens n’iraient plus voter selon les dernières consultations … "La question à se poser c’est pourquoi il y a ce dégoût. Je pense que les gens veulent des hommes et de femmes politiques qui se battent réellement pour eux. On a proposé pendant la crise sanitaire que les députés donnent la moitié de leur salaire pour aider, et tous les partis traditionnels ont refusé. Ce n’est pas normal qu’ils disent que tout le monde va devoir payer sauf eux. Ces questions-là énervent les gens et je le comprends tout à fait."

 

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